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Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

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Yabiladi Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:28

remerciements a Amazighworld site
http://www.amazighworld.org

Un Amazigh qui traverse l'Espagne et les Alpes et va jusqu'a la capitale de la puissante Rome pour les battre.
Lorsque le pire ennemi de l’empire romain était un Amazigh


Hannibal Barca, ce général Amazigh de Carthage en Afrique du Nord dans l’actuelle Tunisie a décidé un jour en signe de révolte contre l’ingérence romaine en Afrique du Nord de lui faire la guerre. Mais comment peut-on faire la guerre à la plus grande puissance mondiale de l’époque qui est l’empire romain ?

Le jeune général âgé seulement de 26 ans, après une longue réflexion, décida de faire la guerre contre Rome ! Mais ne s’arrêta pas là, il a même choisi le lieu de la bataille pour être le cœur de l’empire romain à 100 km de Rome la capitale.

« Je suis né pour exercer la vengeance de mon peuple » dit Hannibal barca, qui va devenir le pire ennemie de Rome dans toute son histoire et le premier stratège militaire de l’histoire humane. Il a poussé son armé jusqu’au bout de l’endurance humane.
Avec une armé bien préparée, il fait le détour de l’Afrique du Nord en passant par le détroit, l’Espagne jusqu’en Italie. Avec des éléphants gigantesques qui ont fait trembler les soldats romains qui n’ont jamais vu un gigantesque animal !

Il a gagné la bataille trois fois à 40 km de Rome. Selon les règles de la guerre à l’époque, hannibal aurait dû signer la convention de sa suprématie sur Rome. Mais, il refuse et répond à ses généraux : qu’on n’a pas besoin d’dévaster la vile de Rome pour prouver notre victoire, nous avons gagné Rome et nous allons leur montrer que nous ne sommes pas des barbares et ce sont eux qui le sont.

Hannibal a donc fait l’erreur de sa vie et les dirigeants Amazighs de son peuple à Carthage fasse eux aussi la même erreur, ils décident de ne plus lui envoyer de l’aide.

Sept ans sans aides en Europe et Hannibal qui avait décidé de ne pas rentrer à Rome à permet à Rome de se rétablir et détruire complètement Carthage. Hannibal pour sauver Carthage par les dirigeants politiques qui l’ont trahie.

L’histoire des Amazighs commence toujours par des grandes victoires mais finisse par perdre à cause des calculs politiques qui ne se projettent pas dans le long terme.


Dernière édition par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:40, édité 1 fois

illisnmast

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:30

Si vous voulez voir le film!

https://www.youtube.com/watch?v=9kyXZjCjR74


illisnmast

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:31

Hannibal Barca ou Annibal est né en 247 av. J.-C. à Carthage. Il meurt en 183 av. J.-C. près de l’actuelle Bursa en Turquie. C’est est un général et un homme politique carthaginois, généralement considéré comme l’un des plus grands tacticiens militaires de l’histoire. Certaines qualités lui sont reconnues depuis l’Antiquité : l’audace, le courage et la pugnacité. Hannibal couvre de plantations d’oliviers la plus grande partie de l’Afrique du Nord grâce au travail de ses soldats dont il considère le repos préjudiciable à l’État et à leurs généraux.
Wickipédia explique qu’en phénicien Hanni-baal signifie « qui a la faveur de Baal» et que « Barca » signifie : « foudre». En Arabe, la foudre se dit « barq », comme en phénicien ; et « hanène » signifie affection, amour (pour un proche ou un ami). En Tunisie, c’est aussi un prénom de fille. Nous retrouvons ici la parenté linguistique, entre la langue punique d’une part et les langues maghrébia et arabe.
Après les guerres puniques et la défaite face à Rome, il est obligé de signer le traité de paix avec Rome en 201 av.JC, qui prive Carthage de son ancien empire. Alors âgé de 46 ans, Hannibal décide de prendre part à la vie politique carthaginoise en dirigeant le parti démocrate. Carthage est alors divisée en deux grandes tendances. Le premier groupe, les démocrates, est principalement dirigé par les Barcides (référence à la famille Barca). Le deuxième groupe est une oligarchie conservatrice regroupée autour de Hannon le Grand.

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Yabiladi Juifs et Berbères en Afrique du Nord

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:34

Juifs et Berbères en Afrique du Nord

lien de le video document
https://www.youtube.com/watch?v=ZdeWMo6KOoU





L’origine des Juifs d’Afrique du Nord, entre mythe et réalité

Yigal Bin-Nun

Je commence par les conclusions.

[list defaultattr=]
[*] Les Juifs d’Afrique du Nord ne sont pas des descendants des tribus berbères converties au judaïsme comme l’affirme Ibn Khaldoun
[*]Les Juifs d’Afrique du Nord ne sont pas arrivés directement d’Israël comme réfugiés ou comme déportés.
[*]La majorité des Juifs d’Afrique du Nord sont des descendants d’Africains hellénisés convertis individuellement au judaïsme.
[*]Al Kahina, l’héroïne de la rébellion berbère contre le colonisateur arabe, n’était ni juive ni chrétienne.
[/list]

Je ne développerai dans cette conférence que le troisième point, ci-dessus, le reste sera détaillé dans d’autres articles.

illisnmast

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:37

La statut de la reine Dihiya (AL KAHINA) en Algérie

LES JUDÉÉNS HELLÉNISÉS

Phénicien fondateurs de Carthage.
Pour des raisons apologétiques, certains historiens ont préféré anticiper la date d’arrivée des Juifs Afrique à l’époque de Salomon ou aux Phéniciens, fondateurs de Carthage. Il me semble dérisoire de réfuter cette hypothèse étant donné la différence entre le culte hénothéisme israélite monarchique et la religion juive tardive. On devrait plutôt chercher l’origine des Juifs d’Afrique du Nord hors d’Israël au troisième siècle avant n.e. à Alexandrie en Égypte, nouvelle cité culturelle qui attira beaucoup de Judéens hellénisés. Cette diaspora n’a été ni déportée ni expulsée d’Israël. Elle n’est due qu’à une surpopulation et à un attrait vers de nouveaux centres culturels et économiques.
Avant la Grande Révolte contre Rome (66-73 avant n.e.) Philon d’Alexandrie et Flavius Joseph avaient évalué la part des Juifs à 40% de la population totale d’Alexandrie et affirmèrent que la grande majorité des populations de Chypre et de Cyrène était judéenne. La révolte des Judéens de Cyrénaïque et d’Alexandrie appelée « la revote de la diaspora » (115-117), plus de quarante ans après la révolte contre Rome en Israël, représente un tournant dans l’avènement d’une communauté judéenne en Afrique. Il ne s’agit pas d’une communauté du type moyenâgeux, mais d’une entité politique indépendante, helléniste, différente de la population locale que par son origine, son culte et sa culture hébraïque. À la tête de cette communauté dotée d’une puissance militaire il y avait des rois et une armée. Une partie de sa population servait comme soldats de métiers ou mercenaires et une autre était engagée dans le commerce, l’élevage, l’agriculture et le commerce maritime.
 

LA RÉVOLTE EN CYRENAÏQUE


l’empereur Trajan

L’histoire de la révolte en Cyrénaïque à l’époque de l’empereur Trajan (53-117) nous est relatée par les témoignages de l’ennemi, entre autre ceux du sénateur Dio Cassius (156-229) et de l’archevêque Eusèbe de Césarée (aux alentours de 339-235). Andreas était le chef des insurgés judéens. Après sa victoire sur le commandant romain Lupus, les insurgés d’Égypte arrivèrent en Libye et massacrèrent plus de 220 000 personnes. À Chypre, les insurgés avec à leur tète Artemion massacrèrent 240 000 Grecs dans la capitale Salamis (Salamine) et la détruisirent. Dio Cassius décrit ainsi la cruauté des Judéens envers leurs ennemis :
Ils se sont comporté comme des cannibales, ont fabriqué des ceintures à partir de leur boyaux, se couvraient de leur sang, s’habillaient de leur peau, il leur arrivait même de scier des crânes de haut en bas, puis les jetaient à des animaux sauvages ou les forçait à se combattre.
Au bout de deux années, en novembre 117, les généraux Quintus Marcius Turbo et Lusius Quietus réussirent à écraser la rébellion avec grande férocité. Des vestiges épigraphiques décrivent les dévastations causées par les Judéens dans les temples et les bâtiments publics en Cyrénaïque. Ils se sont comportés comme si il n’y avait pas de lendemain dans leur pays et qu’ils n’avaient pas l’intention d’y rester. Toutefois, deux épitaphes découvertes sur des pierres tombales prouvent l’existence d’une communauté après la révolte. Dans l’une il est écrit « À ‘Azar, que ton âme repose en paix » et dans l’autre, « Nathan Bar Shalom que son âme repose en paix ». Mais la grande majorité de la communauté judéenne de Cyrénaïque émigra vers l’Ouest à Oea (actuelle Tripoli), dans la Carthage romaine (146 avant n.e. à 429 de n.e.), à Gammarth et Naro (au sud de Carthage), à Hadrumète (Sousse en Tunisie) et à Cirta (Constantine), à Hippo Regius (‘Annaba actuelle) en Numidie, à Volubilis (Walili) et à Tipasa en Mauritanie tingitane. Il est important de souligner qu’avant le deuxième siècle on ne trouve aucune trace de Juifs à l’ouest de Cyrénaïque.
Buste de Septime Sévère, National Gallery of Victoria.

L’aspect national de cette population Judéenne est caractérisé en premier lieu par la Bible hébraïque et les livres dits « apocryphes » qui n’ont pas été inclus au Xe siècle dans le canon biblique. Il s’agit des livres de Tobias, Judith, La Sagesse de Ben Sira, La Sagesse de Salomon, Baruch, 1,2,3,4 Hasmonéens, 3 Ezra et autres, et principalement des livre des Jubilés et d’Hénoch et bien d’autres qui ne furent découverts qu’au XXe siècle au désert de Judée. Certains furent traduits par la communauté en grec à l’époque de Ptolémée II, d’autres furent rédigés directement en grec comme celui du Judéen Jason (2 Hasmonéens). Cette considérable littérature n’était pas sans susciter l’attraction du Judaïsme sur une population locale berbéro-hellène qui a produit des intellectuels éminents comme les pères de l’Église ou les instigateurs de mouvements hérétiques : Tertullien (Carthage), Arius (Cyrénaïque), Donatus Magnus (Numidie) et Augustin (Hippon). Un exemple du succès de l’hellénisme en Afrique est la prise du pouvoir à Rome par un berbère de Leptis Magna en Tripolitaine, Septime Sévère (211-145). Cet empereur berbère représentait aux yeux des Romains la revanche d’Hannibal le Punique sur les conquérants de Carthage.
SÉVÈRE ( Lucius-Septimus-Sévérus ), empereur romain, né, l'an 146 de J.-C.,à Leptis, sur la côte d'Afrique du Nord, se fit connaître dès l'âge de 18 ans comme orateur,

 

LE PROCESSUS DE JUDAÏSATION


Copie manuscrite du livre « Antiquités juives »
de Flavius Josèphe,

Les écrits apologétiques de Flavius Josèphe, Philon, Jason de Cyrène et Ezéchiel le Tragédien d’Alexandrie L’histoire de la révolte en Cyrénaïque à l’époque de l’empereur Trajan et d’autres ont façonné les caractéristiques de ces Judéens. C’est un culte judaïque qui ne s’est pas abstenu de pratiquer le prosélytisme et qui a fortement influencé la population berbéro-hellène. Le judaïsme helléniste africain était deux fois plus grand que celui de la population araméophone israélo-babylonienne. Nous sommes alors en droit de nous poser les questions : l’envergure de cette population est-elle due uniquement à sa croissance naturelle ? Était-elle totalement judéenne du point de vue ethnique ? Les données démographiques nous amènent à la conclusion : l’ampleur de la communauté n’était due que partiellement à l’origine israélite ancienne mais plutôt à l’attraction qu’avait la classe intellectuelle berbère hellénisée pour le culte et la civilisation judaïque. À ce jour nous n’avons aucun indice sur une pénétration judéenne dans les régions de langue Tamazight avant la conquête musulmane. Le processus de « judaïsation » a commencé avant même la révolte de la diaspora. Ainsi les premiers habitants de Tunisie, d’Algérie et du Maroc étaient déjà mélangés du point de vue ethnique.
Nos connaissances sur les Juifs à l’ouest de la Cyrénaïque se basent sur deux types de sources : de courtes inscriptions commémoratives et les écris de penseurs chrétiens contre la vague de prosélytisme juif. À partir du deuxième siècle on découvre des vestiges archéologiques à l’ouest de la Libye avec des inscriptions et des symboles juifs. Les noms de Juifs écrits en caractères latins et grecs ne sont datés que par des considérations paléographiques souvent incertaines. À ce jour l’épigraphie nous a révélé 96 noms juifs ou judaïsants. Dans la catégorie des judaïsants, on inclut les berbéro-hellènes qui ont adopté le judaïsme ou les « craignant Dieu », sebomenoï, non circoncis mais qui étaient très attirés par les coutumes juives. La liste de ces noms nous fournit une certaine indication sur l’ampleur de cette communauté à l’ouest de la Libye. La quantité de pierres tombales portant une inscription, est infime par rapport aux tombes dépourvues d’inscription. Mais cette quantité est de loin plus importante que celle des tombes juives portant une inscription dans la communauté juive de Rome. 71 de ces patronymes furent découverts en Tunisie, la plupart à Carthage, 5 à Tripoli, 17 au nord de l’Algérie, et 7 au Maroc, à Volubilis (Walili), Lixus (Larache) et Tingis (Tanger). 26 patronymes sont féminins et le reste masculins. 15 patronymes sont composés de trois noms cognomina, ce qui prouve l’appartenance à un haut social. 72 patronymes sont en caractères latins, 21 en grec et 5 en hébreu. Deux patronymes ont été découverts à Carthage Adel, ‘Anina. Trois noms hébraïques ont été trouvés au Maroc l’un à Salé : Matrona et deux à Volubilis : Yehuda, et Matrona fille de Yehuda.

HAMMAM-LIF


Mosaïques de la synagogue de hammam Lif

La synagogue de Hammam Lif (au sud de Tunis), la Naro romaine, tient une place particulière en épigraphie. On y a découvert trois inscriptions latines dont la traduction : « Votre servante Julia de Naro qui a construit cette mosaïque de sa propre fortune pour son salut dans la sainte synagogue de Naro ». La deuxième est une inscription sur mur en ces termes : « Asterius filius Rustici doyen de la synagogue et Margarita fille de Riddeus qui a bâti une partie de la Stoa ». La troisième, signale à deux reprises : « Les livres de la Tora appartenant à votre serviteur citoyen de Naro ». Sur la mosaïque on remarque des symboles décrivant apparemment le Jardin d’Éden, le chandelier à sept branches (menora), de nombreux animaux, des lulab (branches de palmier), des cédrats et des pains. Une menora estampillée se retrouve sur plusieurs lampes en argile. Dans ces vestiges on a trouvé aussi une lampe chrétienne avec Jésus sur la croix et une menora renversée, symbole de la défaite du Judaïsme face au christianisme. À Gammarth au sud de Carthage on a dévoilé un cimetière souterrain avec une capacité de 4500 tombes juives. À Naro et à Césarée de Maurétanie (Cherchell sur la cote algérienne) on a trouvé des Juifs avec des titres honorifiques tels que archonte (magistrats) ou même des archiarchonte, patersynagoges, matersynagoges et archisynagoges qui témoignent d’une structure administrative hiérarchisée de la communauté.
Six inscriptions tombales en hébreu et en grec ont été découvertes à Volubilis (Walili) au nord du Maroc. Trois d’entre elles : Yehuda (YHWDH), Matrona fille de Yehuda (MTRWN’ BT YHWDH) repose et Yossef ben Rabi, sont parmi les premières inscriptions hébraïques trouvées loin d’Israël. Sur une autre inscription funéraire on trouve deux titres : « Ci git Caecilianos le protopolites doyen de la synagogue des Juifs, âgé de 45 ans, 8 mois et 3 jours ». Le concept de patersynagoges ou père de la synagogue nous est déjà connu dans d’autres inscriptions, mais le protopolites (προτοπολίτη) est unique et peut être interprété comme « premier citoyen ». Il incarne le rôle de chef de la communauté. Une autre inscription fut trouvée à Sala Colonia (Salé) sur une pierre tombale avec une inscription en grec : « Aurelius Ptolomeus le juif » à côté de neuf noms grecs et latins on a ajouté la dénomination « juif » : Iudea, Iudaea, Iudus, Iudaeus.
Un nouveau groupe d’inscriptions en Afrique du nord est relié à la magie, et témoigne de l’usage d’amulettes et de serments, fréquent chez les païens, Chrétiens et Juifs. Les inscriptions (textes d’exécration) trouvées à Carthage et à Hadrumète (Sousse au sud de Tunis) estampillées sur des plaques de fonte, enroulées ou pliées, comprenaient des inscriptions latines avec des noms hébraïques de divinités et d’anges transcrits en caractères grecs.

LE PROSÉLYTISME JUIF


2 500 ans de présence juive en Algérie

Grace aux écrits des Tertullien de Carthage (environ 150-225) un des pères de l’Eglise, on peut évaluer l’envergure du prosélytisme juif dans l’empire. Il se plaignait fréquemment de la persécution par le pouvoir romain des Chrétiens qui devaient se cacher sous une identité juive, la religion juive étant considérée comme légitime, religio licita, dans l’empire. C’était aussi une des raisons de l’attraction des païens vers le Judaïsme. Dans ses livres « Apologie » Apologeticus pro Christianis. et « Contre les Juifs » Adversus judaeos, il souligne avec regret que les Juifs faisaient de la propagande pour leur religion et était furieux contre les païens qui se passionnaient pour le Shabbat et les coutumes juives. Il se plaignait qu’à la synagogue de Tipasa (à l’ouest d’Alger) qui était précédemment un temple païen, les Juifs faisaient de la propagande anti Chrétiens et les accusaient d’adorer un âne. Les attaques de Tertullien attestent, plus que tout, de l’attrait des païens et des nouveaux Chrétiens vers Judaïsme et de son ampleur en Afrique. Les nouveaux Chrétiens ne se seraient pas tant défendus contre cette influence juive si elle n’avait pas un impact considérable sur les païens et les partisans de Jésus. Plus le groupe des judaïsants et des adeptes du judaïsme se renforçait, plus s’aggravaient les attaques des pères de l’Eglise. Cette rivalité religieuse et philosophique entre les deux religions et entre elles et la religion de l’Empire se déroulait entièrement au sein de la culture helléno-latine. Les Juifs disposaient d’un avantage supplémentaire qui attirait encore plus la population païenne : une très riche littérature de centaines de livres, principalement en hébreu mais aussi en grec et en latin. Néenmoins, il est toujours difficile d’évaluer l’ampleur de cette communauté juive en Afrique du Nord entre le troisième et le sixième siècle de n.e..
Aux premiers siècles de l’ère chrétienne, on distingue quatre types de populations en Afrique byzantine : la première berbère, hellénique et latine, une seconde judéenne intégrée dans la culture helléno-latine, la troisième berbère helléniste qui a adopté la nouvelle religion chrétienne, la quatrième est composée d’un groupe amorphe de partisans du judaïsme qu’on nomme « les craignant dieu » en grec sebomenoï et en latin metuentes ou caelicolae, adorateurs du ciel. Contrairement aux prosélytes qui on décidé de se circoncire, « les craignant dieu », se contentaient de leur admiration pur le Judaïsme sans passer par le rite contraignant de la circoncision et ne respectaient pas obligatoirement le Shabbat ni les interdits alimentaires. À l’intérieur du continent vivait la population Imazighen parlant le tamazight loin de toute influence juive ou chrétienne.
L’Empereur byzantin Constantin (337-272) s’efforça d’endiguer le prosélytisme juif et interdit le mariage entre Juifs et Chrétiens. Il défendit aux Juifs d’avoir des servantes chrétiennes et de circoncire des esclaves païens. Durant le règne de Justinien la situation des Juifs d’Afrique du Nord se détériora. Selon un décret de 535 il fut interdit au Juifs, aux ariens et aux donatistes d’occuper des postes dans l’administration ou de posséder des esclaves chrétiens. Les décrets de 545 et 553 interdisaient aux Juifs de convertir des Chrétiens. Par la promulgation de ces décrets on apprend que le mouvement prosélyte juif n’a pas cessé mais s’est plutôt renforcé au point qu’il fallait l’interdire par décret. Une hypothèse suggère que ces persécutions ainsi que le commerce caravanier international ont incité des Juifs à émigrer à l’intérieur du continent, loin de la culture byzantine-chrétienne. C’est ainsi que l’on pourrait peut être expliquer la présence de communautés juives, non hellénisés, à Wargala et au Draa aux confins du Sahara.
Pendant que l’orthodoxie chrétienne officielle était occupée par des débats stériles avec les courants hérétiques, ariens et donatistes ; les Arabes réussirent à conquérir sans grands problèmes l’Empire byzantin et instaurer une nouvelle religion d’état : l’islam. La population berbère hellénisée passa très facilement du Christianisme à l’Islam comme si ce n’était qu’une branche hérétique de leur ancienne religion. Dans un certain sens le Judaïsme hellénistique a réussi à conquérir le monde païen, par l’intermédiaire des partisans de Jésus le galiléen opposés au Marcionisme qui voulait détacher le Christianisme naissant de son tronc judéen. C’était la période la plus importante dans l’histoire des conversions massives de païens et de Chrétiens au judaïsme.
Au delà des domaines d’influence de Rome en Afrique, nous n’avons aucun indice concernant des tribus ou des villages berbérophones au Judaïsme. Cette légende diffusée par Ibn Khaldoun a été largement réfutée par l’historien Haim Zeev Hirshberg. Au cour du sixième siècle, à la suite de persécutions anti juives de Justinien, on peut se poser la question : est il possible que les Juifs de souche, les prosélytes et les sympathisants du judaïsme, aient pu résister aux pressions chrétiennes et rester fidèles à leur religion malgré les répressions ? Il est permis de penser que les Juifs de souche ont probablement résisté plus que les prosélytes à ces pressions. Du point de vue ethnique, il est certain que les membres de ces communautés se sont si souvent mélangées et intégrés à d’autres peuplades qu’il serait impossible de prétendre que des Juifs d’Afrique du Nord sont issus d’une seule et unique ethnie ou d’une seule origine génétique.
source: (Amazighworld -remerciements)

illisnmast

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:38

"Cacnaq" ou Sheshonq Ier Un berbère fondateur de la XXIIe dynastie en Egypte !






C’est en l’an 950 an avant Jésus Christ que ce désecndant d’un chef lybien (berbère) qui a établi sa domination sur Hiérakléopolis, en Moyenne-Égypte vers 1180 av. J.-C., qu’il réussit à imposer son pouvoir en Egypte. Et c’est cette date qui aurait été choisie, pendant les années 70, par des militants bebréristes, comme départ du "calendrier amazigh".

La pénétration libyenne en Egypte En revanche, il est certain que la vallée du Nil connut, aux heures de troubles, les incursions des Libyens. Dès la première dynastie (vers 3300 av. J.-C.), les documents, telle la palette de Nâmer, enregistrent les victoires du pharaon sur les Libyens. Ce sont eux que les textes désignent sous le nom de Tehenou et que les représentations figurées montrent armés de flèches et de boomerangs. La déesse Neit, dans les 4e et 5e nomes, est surnommée la "Libyenne". Le pharaon se voit loué de prendre "la grande couronne blanche [des mains] de ces très grands étrangers qui président aux Libyens". Alors exista, peut-être, un royaume égypto-libyen d’Occident.

Les monuments figurés nous représentent les luttes que livrèrent aux Libyens les rois de la Ve dynastie memphite pour mettre fin aux désordres qui précédèrent leur avènement (vers 2600). Luttes décisives puisque les Libyens paraissent n’avoir plus menacé l’Égypte jusqu’à la fin du Moyen-Empire. Ramsès II, après avoir repoussé une de leurs invasions, les enrôla pour parer au péril hittite (début du XIIIe siècle). Son fils Ménephtah les retrouva dans la puissante coalition des Peuples de la mer, contre-coup de l’expansion indo-européenne. Unis aux pirates nordiques, Lyciens, Shardanes de Sardes, gens de Sagalos, Tyrsènes de Lemnos et Achéens, les Lebou ou Libyens constituèrent le gros de l’armée qui attaqua vainement le Delta (1227). Ces Lebou étaient peut-être originaires de l’Atlas. On a remarqué que "leurs noms et ceux de leurs chefs rappellent exactement ceux des Numides de l’histoire classique" (Alexandre Moret). Ce furent eux en tout cas qui donnèrent son nom à la Libye et, à la tête d’une coalition hétérogène de Tèhenou et d’Indo-Européens, ils vont jouer dans l’histoire de l’Égypte un rôle capital. Ramsès III doit en fin de compte, vers 1189, en dépit d’une nette victoire près de Memphis, les installer par "dizaines de mille" dans le Delta, où ils se moquèrent de son contrôle.

À la faveur de l’anarchie qui suivit, un chef de Libyens mercenaires établit sa domination sur Hiérakléopolis, en Moyenne-Égypte. Son septième descendant, Sheshonq Ier, conquit le Delta, partagea le sol entre les Libyens et fonda la XXIIe dynastie (950). Le folklore nous dépeint alors, pour la première fois, une société éprise de batailles, très différente de la société égyptienne. Le royaume de Napata qui, à la fin du VIIIe siècle, s’étendit de la première cataracte à l’Abyssinie, n’eut pas, comme on le crut longtemps, pour fondateurs les descendants des anciens prophètes du dieu Amon. Les fouilles de Reisner ont prouvé que ce furent des Libyens qui, dans le pays de Koush, imposèrent leur autorité, comme les Libyens du Nord dans le Delta. C’étaient des cavaliers enthousiastes de leurs chevaux et non des conducteurs de chars comme les pharaons. Nul ne se montra plus docile aux directions d’Amon et de ses prêtres que ces étrangers installés en Égypte, et par eux le rayonnement de la civilisation égyptienne dut s’exercer sur les Libyens occidentaux et ses lointains reflets atteindre peut-être le "far west" africain.

Extrait de : Charles-André Julien, Histoire de l’Afrique du Nord (Des origines à 1830), Payot, Paris, 1951.
PP. 62-63, [II.Les débuts de l’histoire, La pénétration libyenne en Égypte.]

illisnmast

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:42

Civilisation amazighe : La fête de Yennayer : pratiques et présages


"Ad ffghen iberkanen, ad kecmen imellalen". Par cet adage est annoncé le premier jour de l’an "ixef useggwas" ou yennayer dans certains villages de Kabylie. Ce moment marque la séparation entre deux cycles solaires, passage des journées courtes, "noires" aux journées longues, "blanches" est fêté dans la quasi totalité des régions du Nord de l’Afrique. Dans son livre (1929), "La femme chaouia de l’Aurès", Mathéa GAUDRY, citant E. MASQUERAY, rappelle que yennayer est appelé "Ass n Ferɛun". (le jour du Pharaon). Selon la légende, "les Chaouis fêtaient ce jour-là la mort du Pharaon tombé dans la mer". Cette évocation populaire qui se nourrirait de la victoire des Libyens sur l’Egypte et de l’installation du Roi Chechonq 1er au sommet de la 22e dynastie pharaonique en 950 av. JC. D’ailleurs, en 1968, l’Académie Berbère, l’association berbériste, fondée en 1966 par Mohand Arab BESSAOUD à Paris, porta son choix sur cette date qui devint le point de départ de l’actuel calendrier berbère. Inscrit dans le mouvement de la revendication identitaire berbère du XXe siècle, l’usage de ce calendrier reste emprunt d’une valeur fortement symbolique et permet aux Imazighen de passer du temps cyclique de la tradition et du vécu à un temps linéaire, historique.


Ce bref rappel nous permet de noter que, désormais, le calendrier berbère relève de deux temps, le temps historique, objet d’une connaissance événementielle et le temps sacré qui repose sur la réactualisation des mythes qui contribuent à la structure de la société. Décrire les pratiques liées à Yennayer et les représentations sociales de cette période de l’année nous permettra d’oublier un moment la dimension événementielle pour nous intéresser au vécu et la quotidienneté nord africaine.


La lumière et l’abondance :


La veille de yennayer les femmes se chargent de recouvrir les murs à la chaux "aruccu s tumlilt" et changent le trépied du feu (lkanun). Dans l’Aurès ce rituel se fait deux ou trois jours avant yennayer et porte le nom de "bu ini" (jour du trépied). Le nettoyage intensif se termine par un grand coup "d’emezzir" (balai de bruyère). Afin d’assurer l’abondance de la nouvelle année, on verse des céréales entre les jarres en terre (ikufan). Cette notion d’abondance souhaitée et préparée pour conjurer le sort se retrouve dans le repas de yennayer dont le mets principal reste le couscous de blé. Le recours à la semoule d’orge est, ce jour-là, banni n’est-elle pas noire et ne constitue-t-elle pas en temps ordinaire le repas du pauvre ?


Le couscous est préparé avec une sauce à base de légumes secs, selon les régions, on mélange deux à sept légumes (pois cassés, lentilles, fèves concassées "abiṣar", haricots blancs, cornilles ou doliques à oeil noir, pois chiches...) et l’incontournable volaille. D’une contrée à une autre on propose des explications différentes au choix de la volaille. Certains diront, par son chant matinal, le coq annonce la naissance de la lumière (le lever du jour), d’autres expliqueront, par ses œufs, la poule incarne la fécondité donc l’abondance. Les croyances populaires méditerranéennes nous apportent d’autres éclaircissements sur cette préférence vouée à la volaille. Par exemple les Grecs et les Romains auraient adopté le coq comme oiseau protecteur ce qui s’apparenterait à l’usage d’"asfel" (offrande) dans l’ensemble de l’Afrique du Nord.


Dans la préparation des autres mets qui accompagnent le couscous, les femmes en appellent toujours à la prospérité et à la profusion, aussi composent-elles "uftiyen" ou "ighrecmen", un mélange de céréales entières, passées à la vapeur ou grillées huilées, servies aux enfants le matin du 12 janvier (tasebit n yennayer) ou simplement jetées sur les arbres des jardins dans l’attente d’une bonne récolte. Selon les moyens dont disposent les familles, "uftiyen" sont complétés par un mélange de fruits secs disposés généreusement dans un plat en bois ou en terre mis sans restriction à la disposition des enfants. Dans la même journée de "amenzu n yennayer" (le premier jour de l’an), sont proposées plusieurs denrées à base de pâte qui lève ou qui s’étale, "lesfenǧ" ou "lemsmmen". Une pâte qui gonfle ou qui s’étend facilement annonce forcément une année riche et généreuse.


Les présages :


Le repas "imensi n yennayer" est servi dans le respect du nombre des membres de la famille élargie, on rajoute le couvert de l’absent, éventuellement "iminig" (le voyageur), la fille mariée et surtout du gardien de la demeure "aɛssas buxxam". La tradition exige que l’on ne vide pas les plats ce qui signifie que l’on ne doit pas avoir faim.


Dans la soirée, la maîtresse de maison dépose sur le toit quatre coupelles en terre remplies de sel représentant chacune les mois de yennayer, furar, meghres et yebrir (janvier, février, mars, avril). Au matin de la journée de yennayer, le niveau d’humidité du sel annonce un mois arrosé ou non. En ce jour de yennayer, la nature est fortement mise à contribution, elle est observée et écoutée, aucun geste ne doit la contrarier car elle est porteuse de "lfal" (le présage). Ainsi la femme kabyle ou tachaouit vérifie scrupuleusement ce qui se trouve sous les pierres qu’elle ramasse pour renouveler le trépied de son "kanun", la présence d’un ver blanc laisse entrevoir la naissance d’un garçon, une herbe verte signifie une moisson abondante, les fourmis symbolisent l’augmentation du bétail...
L’ensemble de ces éléments plus ou moins perpétués ou simplement conservés dans les récits témoignent du caractère agraire du calendrier berbère.


Malha BENBRAHIM
Historienne spécialiste de l’oralité.

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:43

Yennayer et le calendrier Julien, Origine et définition


Origine et définition

Le nouvel an berbère, Yennayer, est une tradition ancienne inscrite dans le calendrier agraire de l’Afrique du Nord et qui connaît aujourd’hui un regain de vitalité. Comme premier jour de l’année (aqerru useggas) il est marqué par des rites, des mets, des augures dans une atmosphère de fête à peu près semblable dans toutes les régions.

Une interprétation optant pour une étymologie berbère donne yen-n-yur, « 1er de la lune », envisageant par là un calendrier lunaire originel. Les premiers calendriers forgés par les hommes étaient probablement d’origine lunaire, le cycle de la lune étant le plus aisément observable depuis la terre, mais cela ne constitue pas une preuve suffisante pour donner raison à cette étymologie qui soulève plusieurs questions :

- « Si les Berbères avaient élaboré un comput et un calendrier lunaire datant de l’antiquité, pourquoi l’auraient-ils abandonné et pourquoi n’en ont-il laissé aucune trace alors qu’ils connaissaient l’écriture leur permettant de le faire ? »

- Si les Berbères avaient nommé leur mois de janvier en référence à la lune, comment se fait-il que les onze autre mois portent des noms latins ? Ces simples questions laissent penser que Yennayer est bien plutôt le mois de janvier latin, le Januarius du calendrier julien comme le sont tous les autres mois de l’année agricole berbère.

Ce Januarius du calendrier romain était le mois du Dieu Janus (Dieu des portes, des seuils). Il s’agit du mois de janvier du calendrier républicain romain qui n’est lui même devenu

le premier de l’année qu’au cours du 2ème siècle avant notre ère, prenant la place de Martius, le mois de Mars qui marquait jusque-là le début de l’année. Mais à cause de son décalage croissant par rapport à l’année solaire, ce calendrier lunaire est devenu, au fil des années, ingérable par les pontifes (prêtres) romains, et a conduit Jules César à le réformer, grâce aux conseils du mathématicien et astronome grec Sosigènes rencontré à Alexandrie. Ce dernier s’appuyait sur des projets de réforme du calendrier solaire égyptien qui possédait déjà 12 mois de trente jours chacun auxquels étaient rajoutés cinq jours pour arriver à une année de 365 jours. La mort brutale de Jules César fit que la réforme ne s’appliqua pas avec toute la précision voulue et les pontifes intercalèrent au calendrier une année bissextile tous les 3 ans. Son neveu Octave devenu l’empereur Auguste, le réajusta encore en intégrant cette année bissextile seulement tous les 4 ans pour obtenir enfin une année de 365 jours ¼.

Le calendrier julien est donc un calendrier solaire de 11 mois de 30 et 31 jours chacun auxquels s’ajoutent un mois de 28 jours, plus ¼ de jour supplémentaire (année bissextile tous les 4 ans), ce qui donne une année de 365 jours ¼. L’année solaire est exactement de 365,2422 jours. Ce léger décalage par rapport à l’année tropique a été supprimé par le pape Grégoire XIII en 1582 qui a fait passer simplement la date du 4 octobre à celle du 15 octobre supprimant ainsi les 11 jours de dérivation qui manquaient au calendrier julien depuis sa réforme augustéenne (11 mn/an soit 1 jour tous les 134 ans). Ce calendrier grégorien s’est répandu en Europe occidentale, dans le monde catholique d’abord, protestant ensuite, demeurant probablement inconnu en Afrique du Nord jusqu’au 19ème siècle.

Introduction du calendrier julien en Afrique du Nord

Deux hypothèses ont été avancées jusqu’à présent :

  Transmission du calendrier julien depuis l’antiquité

Il est évident que le calendrier julien a été introduit en Afrique du Nord avec l’empire romain et qu’il était connu dans les régions latinisées tout au moins. Mais cela suffit-il pour dire que c’est lui qui nous est parvenu et que nous connaissons aujourd’hui ? La question mérite d’être posée car rien n’est moins sûr étant donné l’absence totale de traces de transmission. Comment comprendre en effet qu’un calendrier nous soit parvenu depuis l’antiquité en l’absence totale de traces en latin ? D’autre part comment expliquer la présence du calendrier partout en Afrique du nord, même dans les zones du Sahara où l’influence romaine était plus faible ?

 Hypothèse de l’origine copte C’est dans les années 1950 que Jean Servier propose une origine copte du calendrier berbère. Cette hypothèse est difficilement recevable à causes des caractéristiques très différentes des deux calendriers. Le calendrier chrétien copte a conservé les noms de mois des divinités égyptiennes ainsi que la structure de l’année qui compte 12 mois de 30 jours + 5 jours supplémentaires comme le faisait l’année égyptienne. Il faut ajouter à cela que le premier mois de l’année copte, nommé Thout débute en août-septembre, ce qui n’est pas le cas en Afrique du Nord.

Notre hypothèse

Aux deux hypothèses précédentes nous en ajouterons une troisième qui nous paraît la plus probable. En l’absence totale de traces de transmission depuis l’antiquité, comment expliquer la présence actuelle du calendrier julien partout en Afrique du Nord, d’Est en Ouest et du Nord au Sud ? Comment expliquer aussi que parallèlement aux mois juliens on trouve des périodes de 40 jours parfaitement identifiées partout en Afrique du Nord : Lyali (pour les froidures blanches et noires), Smaïm (pour les chaleurs sèches), Nisan (pour les pluies de printemps) ? C’est d’ailleurs cette périodisation qui est l’illustration du caractère agraire du calendrier actuel et tous ceux qui emploient ces termes aujourd’hui pensent qu’il s’agit de mots sûrement arabes. Cette passion pour l’agriculture nous a mise sur la piste des agronomes andalous du Moyen Age. Ces derniers ont en effet rédigé et diffusé en arabe (langue de diffusion scientifique de l’époque) à partir du 11ème siècle, des traités d’agriculture rationnelle reprenant le calendrier julien espagnol que toute l’Europe, ainsi que l’empire grec Byzantin avaient conservé depuis l’empire romain.
C’est ainsi que le calendrier julien a été étoffé par les périodes citées qui ne pouvaient être connues que des spécialistes et des érudits voyageant en Syrie ; le Kitab-al-filaha d’Ibn-al-Awwam publié au 11ème siècle à Séville en est un bel exemple. Ainsi Nisan, par exemple, est le nom du mois d’avril du calendrier chrétien syriaque. Précisons que ce nom est d’origine babylonienne et qu’il a servi aussi au calendrier hébreu. C’est sans doute autour de cette période que ce calendrier julien-syriaque andalou fut adopté en Afrique du Nord. En effet, c’est à la fin du 11ème siècle, en 1090, que le sultan Almoravide Yusuf ibn Tashfin annexe à son royaume nord-africain les royaumes musulmans d’Espagne. Cela se poursuivra sous la dynastie suivante des Almohades, qui constituait un royaume unique depuis l’Andalousie jusqu’à l’Egypte, laquelle promut un certain nombre de savants. De plus, au fur et à mesure de la Reconquista (qui se termina en 1492), l’élite andalouse se replia en Afrique du Nord (par exemple à Bgayet), y propageant ses idées.

Si les agronomes andalous ont préféré reprendre le calendrier solaire julien c’est qu’ils estimaient qu’il était mieux adapté à l’agriculture que le calendrier lunaire musulman (ce qu’ont fait aussi tous les agriculteurs de l’Afrique du Nord), lequel compte 12 mois sacrés de 29 ou 30 jours. Le prophète ayant interdit d’ajouter des jours supplémentaires pour rattraper l’année solaire, le calendrier hégirien conserve ainsi une année plus courte que l’année tropique.

Même si le nom de Yennayer est un mot latin c’est probablement dans la religion ancienne des Berbères que doivent se trouver les réponses à la conception et à la division du temps, car partout l’élaboration d’un calendrier a été d’origine religieuse.

Nedjima Plantade

Nedjima Plantade est anthropologue. Elle a soutenu une thèse de 3ème cycle intitulée "Magie féminine et sexualité en Kabylie : étude ethnopsychiatrique" sous la direction de Georges Devereux, à l’EHESS en 1984.

Elle est auteur de deux ouvrages ; "La guerre des femmes. Magie et amour en Algérie." (La Boîte à Documents, Paris, 1988) et "L’honneur et l’amertume. Le destin ordinaire d’une femme kabyle" (Baland, 1993). Elle est également auteur de plusieurs articles notamment sur les rites en Kabylie.

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:45

Le Pharaon Sheshong : le fondateur du premier état Amazigh 10 siècles avant JC


Roi/Pharaon Amazigh Sheshong

Ce documentaire très intéressant à la TV ARTE sur le fondateur du premier état Amazigh : Le Pharaon Sheshonq le fondateur de la 22eme dynastie égyptienne Amazighe. Il a régné à Tamazgha à l’époque du roi Soloman (Souleymane) en Israël.

C’est un prince de la tribu berbère libyenne des Meshwesh le pharaon Sheshonq Ier (encore appelé Shishak ou Sheshak ou Chéchonq) se hisse sur le trône d'Égypte vers 945 av. J.-C. Quelque temps après son accession au pouvoir, il entreprend une expédition punitive contre les deux royaumes renégats du Sud (royaume de Juda) et du Nord (royaume d'Israël). Sa campagne militaire triomphante nous est rapportée sur le mur méridional du temple d'Amon-Rê à Karnak (actuelle Louxour en Égypte). Pour éviter la mise à sac de Jérusalem, Roboam, fils de Salomon, roi de Juda, lui cède alors tous les trésors du premier Temple et du palais (La Bible, Ancien Testament, Chapitre les Rois XIV, 26).
Documentaire :




chichong conquerant d'Israel



https://www.youtube.com/watch?v=uKtQm6YiPEA



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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:47

L’histoire des Amazighs
Un entretien avec l’historien Bernard Lugan sur l’histoire des Amazighs, depuis la nuit des temps à nos jours. La genitique, l’histoire, les invasions arabes, le processus d’arabisation des Amazighs, les égyptiens Amazighs …. Et beaucoup d’autres choses

https://www.youtube.com/watch?v=l0TzmnKvT8A



Histoire des BERBERES "تاريخ الامازيغ "
par bernard lugan

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:50

Histoire de la Kahina (Dihya)





Une statue à l'effigie de la Kahena a été élevée à Khenchela en 2003.

Kahena (signifiant « prêtresse » , « devineresse » en arabe), de son vrai nom Dihya ou Damya (en tifinagh : ⴷⵉⵃⵢⴰ), est une reine guerrière Amazigh zénète des Aurès qui combattit les Omeyyades lors de l'expansion islamique en Afrique du Nord au viie siècle.

Plusieurs femmes ont écrit des romans sur la Kahena au xxe siècle et plusieurs penseurs disent que c'est une des premières féministes bien avant le Moyen Âge et une des premières reines guerrières de l'Histoire. De nombreux auteurs la considèrent comme juive, d'autres comme chrétienne et Ibn Khaldoun lui attribue des pouvoirs surnaturels.

Pour les Amazighs des Aurès, elle s'appelait Dyhia Tadmut qui veut dire la belle gazelle en Tamazight. D'autres Chaouis disent Damya, qui vient du verbe edmy en Tamazight, qui signifie devineresse6. Les écrivains en langue arabe au Moyen Âge rapportent le nom de Dihya et le surnom de Kahina à l'exemple d'Ibn Khaldoun. La majorité des écrits sur cette femme reprennent son surnom Kahena dans les récits historiques ou littéraires.


Le surnom Kahena a plusieurs significations en arabe, en hébreu ou en grec. En arabe, Kahena désigne une devineresse ou une sorcière, ce qui est péjoratif pour certaines interprétations. En grec, Kahena est tiré de Karina qui signifie être pur. En hébreu le mot est proche de Cohen qui a un sens de prêtre. (En français, le nom Corinne a le sens d'être pur). La présence de deux des six anciennes nécropoles réservées aux Cohanim en Afrique du Nord qui se trouvaient à Biskra et à Bône pourraient être reliées à la famille de la Kahena.


Dans la région des Aurès, les chaouis l'appellent Yemma El Kahina (maman Kahina) et plusieurs chansons lui sont dédiées dans le terroir chaouis, soit en arabe soit en chaouis. Le groupe le plus connu de la ville de Batna et en Algérie portait le nom de El Kahina dans les années 1980.


La conquête de l'Afrique du Nord est décidée par le chef de la dynastie omeyade, Muawiya Ier. À l'aube de l'invasion, l'unité politique et administrative de la Tamazgha orientale et centrale (les Aurès, actuellement à l'est de l'Algérie et à l'ouest de la Tunisie) était en grande partie réalisée par Kusayla7, chef de la résistance à la Conquête musulmane du Maghreb (règne de 660 à 686). Kusayla, converti à l'islam, entre en conflit avec Oqba Ibn Nafi Al Fihri, général de l'armée des Omeyades.

À son décès en 686, Dihya prend la tête de la résistance. Elle était issue de la tribu des Djerawa, une tribu Amazighe zénète de Numidie, selon les chroniqueurs en langue arabe au Moyen Âge. Fille unique, elle aurait été élue ou nommée par sa tribu après la mort de son père8.

Dihya procéda à l'appel de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud pour déclencher la guerre contre les Omeyades.


Elle défait par deux fois la grande armée des Omeyyades grâce à l'apport des cavaliers des Banou Ifren.
Elle règne sur tout l'Ifriqiya pendant cinq ans. Vaincue en 693 par Hassan Ibn en N'uman dans la dernière bataille contre les Omeyyades, elle se réfugie dans l'Amphithéâtre d'El Jem.

Elle est enfin faite prisonnière, puis décapitée au lieu dit Bir El Kahina. Les chefs de l'armée Omeyades envoient sa tête en trophée au calife Abd al-Malik en Syrie.
Dihya sera la seule femme de l'histoire à combattre l'empire omeyyade. Les Omeyyades demandent aux Zénètes de leur fournir douze mille combattants pour la conquête de l'Andalousie comme condition à la cessation de la guerre.

L'intervention de Musa ben Nusayr règle le problème avec les Berbères en nommant Tariq ibn Ziyad à la tête de l'armée zénète et des autres Berbères12. Son fils devient gouverneur de la région des Aurès et par la suite sa tribu aura un pouvoir lors[Quoi ?] des Zirides dans les Aurès.

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:52

Les Amazighs des Iles Canaries (Ach Guañac)


Les Guanches sont les aborigènes de l'île de Ténérife. Le terme a ensuite été étendu à l'ensemble des populations indigènes de l'ensemble de l'archipel des Canaries.

Quand les premiers navigateurs français débarquèrent en 1406 pour la première fois aux îles Canaries, ils se trouvèrent en présence d'indigènes au teint clair et de taille haute, qui se désignaient eux-mêmes sous le terme de Guanches, mot qui veut dire " homme ". Chacune des sept îles de l'archipel des Canaries, abrita une culture propre mais apparentée.

Les Guanches étaient des Amazighs qui auraient, depuis les cotes du Maroc actuel, traversé cette partie de l'Atlantique, et ce, avant les premiers siècles de notre ère (dates pour lesquelles le peuplement de l'île est reconnu).

L'absence de toute trace d'une pénétration de l'islam parmi les populations qui vivaient là à l'arrivée des Espagnols laisse penser qu'il s'agirait de la plus lointaine migration vers l'ouest de Berbères survenue entre l'époque de Pline l'Ancien et la conquête musulmane du Maghreb du viie au ixe siècle.

La quasi totalité des Guanches périrent en résistant à la conquête espagnole, la plupart des survivants furent vendus comme esclaves, beaucoup aussi embrassèrent de force la foi catholique et s'unirent par mariage aux Espagnols et leurs noms désormais hispanisés se confondirent bientôt avec ceux des conquérants.
https://www.youtube.com/watch?v=rL9nPRgFzdE


https://www.youtube.com/watch?v=37r9csETF70





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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:53

Les Amazighs kabyle des Ils Canaries manifestent contre l'occupation Espagnole Juillet 2011
https://www.youtube.com/watch?t=32&v=dzkmY9nMccU

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:54

dia de la bandera amazigh desde Canarias
https://www.youtube.com/watch?v=KPQaH-Xxjk4

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:57

L'origine des Juifs d'Afrique du Nord

Yigal Bin-Nun, Professeur

 

 

Les habitants de l'Afrique du Nord sont tous à l'origine des Berbères. La conquête arabo-musulmane n'a laissé sur place que peu de soldats venus de l'Arabie et de l'Orient arabisé. Néanmoins, la civilisation arabe et la religion musulmane réussirent à s'implanter dans les villes, à les arabiser, et à les islamiser. Par contre, de grandes franges de la population autochtone sont restées berbérophones jusqu'à ce jour. Il va sans dire que la scolarisation et les media tendent à propager de plus en plus l'arabisation officielle, qui souvent s'affronte à un mouvement de renouveau berbériste. Je n'utilise le terme de berbère, que pour plus de commodité, à la place du terme plus précis, des Imazighen.

Quand à l'origine des Juifs d'Afrique du Nord, il est impératif d'élucider un mythe assez répandu dans les medias actuels. Est-il nécessaire de préciser qu'une présence juive en Afrique du Nord ne peut être possible avant l'époque romaine, pour la bonne raison qu'un judaïsme, dans le sens propre du terme, n'existait point avant cette époque ? La présence de Sidoniens, de Phéniciens ou de Puniques sur les côtes méditerranéennes n'a rien avoir avec la religion monothéiste juive. Il en est de même pour les colonies Israelites ou  Judéennes à Yeb (Éléphantine) ou en Basse Égypte qui ne sont qu'un reflet du culte monolâtrique israélite de l'époque monarchique pré deutéronomiste. Par contre, avant même la destruction de Jérusalem et de son temple en l'an 70 par les Romains, et la perte de l'indépendance, une diaspora judéenne florissait déjà en Afrique du Nord, surtout à Alexandrie où fut traduite la Bible trois cent ans environ avant n. e. et en Cyrénaïque. En plus de ces Judéens, il faut prendre en compte l'attrait qu'avaient les gentils, ou les païens, pour l'antique culte judéen, ses traditions ancestrales, sa longue histoire et ses fêtes. Cet attrait engendra un vaste mouvement de conversion à la religion juive, qui fut aussi renforcé par de nombreux païens, dessebomenoï, ou des « craignant Dieu », à la marge de ces convertis, qui avaient une grande admiration pour le Judaïsme, mais qui ne s'étaient pas convertis.

L'accroissement progressif des adhérant à la secte des « partisans de Jésus », devenus plus tard, les Chrétiens, terme qui n'existe quasiment pas dans les textes du Nouveau Testament, est due entre autres au passage de la plupart de ces nouveau Juifs et des « craignant Dieu », sous les règnes des empereurs Constantin et Justinien, du Judaïsme au Christianisme, qui était moins exigeant dans ses pratiques rituelles. Il ne fait plus de doute, comme le précise Maurice Sartre, qu'un grand mouvement de conversions au judaïsme traversait tout le monde romain. Plus de 10% de la population de ce monde, surtout en Afrique du Nord et en Orient, sont Juifs, sans compter les sympathisants de cette religion. Néanmoins on ne peut parler du Judaïsme de l'époque comme d'une religion prônant un prosélytisme actif, ceci, malgré quelques judaïsations forcées en Galilée et en Judée, sous les rois hasmonéens. Mais contrairement à l'avis de l'historien Shlomo Sand et du linguiste Paul Wexler, rien ne prouve que tous ces nouveaux convertis réussirent à surmonter les pressions de l'empereur Justinien au VIe siècle, et encore plus de la conquête militaire musulmane, et restèrent juifs. Les seuls qui pouvaient, à la rigueur, s'accrocher à leur religion ne pouvaient être que les Juifs qui l'étaient par ascendance familiale, kata sarka et non par adoption tardive.

Avec l'avènement de l'Islam au VIIe siècle, la majeure partie des habitants autochtones de l'Afrique du Nord, les Imazighen, convertis d'abord au Judaïsme, puis au Christianisme, furent pratiquement tous contrains à s'islamiser. Ce qui rend très probable, à mon avis, la constatation que les seuls nord-africains qui sont restés juifs ne devaient être que ceux qui, à l'origine, avaient émigrés de la Judée et de la Galilée. Aussi, la thèse défendue par l'historien tunisien Ibn Khaldoun (1332-1406) dans son livre l'Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, selon laquelle les Berbères seraient des descendants de Cananéens ou que le personnage de Dihya el Kahina serait d'origine juive a été largement réfutée par les historiens Abdelmajid Hannoum et Gabriel Camps. Malgré le mouvement berbériste qui cherche à s'affranchir du joug de la culture arabo-musulmane, en mettant en avant les origines juives des Berbères ou l'origine berbère des Juifs nord-africains, il faut se rendre à l'évidence et ne pas prendre des mythes pour des vérités historiques.Malgré la sympathie que ressentent actuellement les Juifs d'Afrique du Nord pour certains de ces mouvements représentés dans le Web, les Juifs nord africains, dans leur grande majorité, ne seraient donc pas des Berbères convertis mais principalement des anciens Israelites et Judéens émigrés de leur pays, avant et surtout après la révolte contre les Romains.

Dernièrement, Shlomo Sand dans un livre pamphlétaire prôna l'inexistence d'un peuple juif qui à son avis fut inventé de toute pièce par le mouvement sioniste. Ce qui assez dissimulé dans son livre c'est  le fait qu'il ne fait que répéter ce qu'avaient déjà dit quasiment tous les historiens du peuple juif  bien avant lui. En outre, aucun historien sioniste n'a jamais prétendu que les origines des Juifs étaient ethniquement, biologiquement  ou génétiquement exclusives ou que tous les Juifs devaient obligatoirement avoir des ascendants remontant aux populations des royaumes d'Israël et de Juda.Les brassages constants de populations à travers les siècles ont effacé toute possibilité d'évoquer une définition à base ethnique du peuple juif et de quasiment toutes les populations des états-nations actuelles. Il serait aussi ridicule, comme essaient de le faire certains généticiens peu scrupuleux de la rigueur scientifique,  de vouloir prouver à tout prix l'existence d'un dominateur génétique commun à tous les Juifs du monde actuel.

Durant tout le Moyen âge, l'Afrique du Nord et l'Espagne ne formaient qu'un seul domaine culturel et les lettrés juifs à l'époque voyageaient  facilement d'une communauté à l'autre. Ce brassage de population ne permet plus de distinction ethnique entre les Juifs d'Espagne et ceux de l'Afrique du Nord. Cependant, avec l'expulsion des Juifs d'Espagne et du Portugal, après 1492, les Juifs de la péninsule ibérique, devenue chrétienne, émigrèrent en partie en Afrique du Nord et composèrent une communauté distincte par ses origines et son particularisme. On les appelle les megorashim, les expulsés, par rapport aux toshabim, les autochtones, termes que l'on retrouve principalement dans les actes de mariages, les ketubot. Grace à ces nouveaux venus qui constituèrent une aristocratie locale, le dialecte judéo-arabe marocain, dans toute sa diversité, est encore truffé d'espagnol dans le domaine lexical. Jusqu'au XIXe siècle, on continua même de traduire à Meknès dans des textes du droit juif, dans les responsa (les she'elot u-teshubot), certains termes de l'hébreu en espagnol, pour qu'ils soient mieux compris par le lecteur.

Brève bibliographie

Camps Gabriel, Berbères, mémoire et identité, Actes Sud, Paris 2007, publié précédemment aux éditions Errance, 1987.

Hannoum Abdelmajid, « Historiographie et légende au Maghreb : la Kâhina ou la production d'une mémoire », in L'invention historiographiqueAnnales. Histoire, Sciences Sociales, 54e année, n° 3, mai, juin 1999, p. 667-686.

Le Bohec Yann, « Bilan des recherches sur le judaïsme au Maghreb dans l'Antiquité », Espacio, Tiempoy Forma, Série II, H. Antigua, t.6, 1993, p. 551-566.

Oufkir Raouf, Kahena la princesse sauvage, Tome I, L'impératrice des songes, Flammarion, Paris 2010

Sand Shlomo, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, Paris 2008

Sartre Maurice, L'Orient romain. Provinces et sociétés provinciales en Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères (31 avant J.-C. – 235 après J.-C.), éd. Le Seuil, Paris 1991

Schroeter J. Daniel, La découverte des Juifs berbères, in Relations Judéo-Musulmanes au Maroc : perceptions et réalités, edited by Michel Abitbol, Éditions Stavit, Paris 1997, p. 169-187

Wexler Paul,The Non-Jewish Origins of the Sephardic Jews,  State Universityof New York, Albany1996

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 22:58

Les grands moments de l'histoire hébreu-amazighe

Le roi hebreux Solomon
Le roi Amazigh Sheshong

Depuis la nuit des temps, Les hébreux, est le peuple qui a habité la rive Est de la méditerranée; Les Amazighs, le peuple qui a habité la rive sud. Les premiers contacts entre ces deux peuples pendant la période dite phénicienne. Cela fait des dizaines de 30 siècles de coexistence. La religion juive était la religion officielle du Royaume Amazigh d'Afrique du Nord, il y avait la reine Tihiyya que les arabes ont nommé Addahiyya. Elle était de religion juive, ce qui veut dire que la majorité sinon la totalité de son royaume était juif. Ces juifs sont ils des Juifs Amazighs ou des Amazighs juifs ? c'est-à-dire ont il été converti au judaïsme ou se sont des juifs qui ont fuit Ourshalim pendant l'exode vers l'Afrique du Nord ?. Mais ne s'arrêtons pas là tout de suite, les Amazighs non juifs -c'est-à-dire avant le judaïsme lui-même- et pendant l'âge d'or Amazigh à l'époque du pharaon Shishong ont aussi conquit Ourshalim juste après la mort du roi ou prophète Shlomo (Sulaymane). La première femme du roi Shlomo n'est elle une amazighe non juive ? L'histoire nous fait découvrir quelques éléments de réflexion. Ci après quelques données de l'histoire et de la Torah pour méditation...

En l'an -970 (Avant J christ) : Début du règne du roi hébreu Salomon (Shlomo), fils de David et de Bethsabée. C'est un roi d'Israël (de 970 à 931 avant Jésus-Christ selon la chronologie biblique usuelle). Sa sagesse et sa justice firent de lui le roi le plus sage et juste de l'Ancien Testament. Par contre dans la religion musulmane il est un prophète (Soulayman) et non pas un roi. Le roi-bâtisseur fait ériger dans sa capitale des édifices colossaux (le Temple, le palais royal et les fortifications de Jérusalem). Il bâtit le premier Temple de Jérusalem.

En l'an -967(Avant J christ) : dans sa quatrième année de règne que Salomon se mit à bâtir le temple, qui fut achevé en sept ans et demi. C'est le temple et non plus le tabernacle, qui fut alors le centre du culte public. Mais Salomon sera lié avec les Amazighs en se mariant avec la fille du Pharaon Shishong, cette Berbère refusa par la suite la religion de Salomon et restera dans sa religion Amazighe africaine.

En l'an -937 (Avant J christ) : C'est la fin du règne du roi Salomon sur Jérusalem. Les fils de Salomon vont disputer le pouvoir, étant donné que le fils ainé est d'origine amazighe par sa mère, Jérusalem verra l'intervention des Amazighs d'Afrique du Nord, une grande expédition sera organisé par la Pharaon Shishong direction Jérusalem.

En l'an -936 (Avant J christ) : C'est la première fois de l'histoire que les Amazighs conquièrent en Jérusalem. La Torah a parlé d'eux de leur roi Shishong (Schischak) dans la partie 2 Chroniques, chapitre 12 de la bible (ancien testament): « Lorsque Roboam se fut affermi dans son royaume et qu'il eut acquis de la force, il abandonna la loi de l'Éternel, et tout Israël l'abandonna avec lui. La cinquième année du règne de Roboam, Schischak, roi d'Égypte, monta contre Jérusalem, parce qu'ils avaient péché contre l'Éternel. Il avait mille deux cents chars et soixante mille cavaliers ; et il vint d'Égypte avec lui un peuple innombrable, des Libyens, des Sukkiens et des Éthiopiens. Il prit les villes fortes qui appartenaient à Juda, et arriva jusqu'à Jérusalem. Alors Schemaeja, le prophète, se rendit auprès de Roboam et des chefs de Juda qui s'étaient retirés dans Jérusalem à l'approche de Schischak, et il leur dit : Ainsi parle l'Éternel : Vous m'avez abandonné; je vous abandonne aussi, et je vous livre entre les mains de Schischak. Les chefs d'Israël et le roi s'humilièrent et dirent : L'Éternel est juste ! Et quand l'Éternel vit qu'ils s'humiliaient, la parole de l'Éternel fut ainsi adressée à Schemaeja : Ils se sont humiliés, je ne les détruirai pas, je ne tarderai pas à les secourir, et ma colère ne se répandra pas sur Jérusalem par Schischak; mais ils lui seront assujettis, et ils sauront ce que c'est que me servir ou servir les royaumes des autres pays ». fin de citation de la Torah.

Auteur:[url=http://www.amazighworld.org/auteur.php?auteur=Mohamed El Ouazguiti] Mohamed El Ouazguiti[/url]

illisnmast

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 23:00

Le Royaume des Berghouata

Qui sont ces Berghouata? Qui ont régné de 742 à 1148, sans laisser la moindre trace dans l’histoire officielle. Leur nom ne figure nulle part dans les manuels scolaires d’histoire. Il est vraisemblable que tous les archives qui les concernant ont été délibérément détruits pour faire passer sous silence l’existence d’un peuple qui dérangeait les idéologies arabo-islamiques qui avaient dèja atteint une grande ampleur au Maghreb. Très peu savent que les Berghouata furent la dernière dynastie dont les rois étaient des marocains de souche, des fils du bled du premier jusqu’au dernier. Ils ont régné sur la région de Tamesna de Salé à Safi (ce qu’on nomme aujourd’hui le Maroc utile), surtout ils avaient leur propre prophète, leur coran et leurs rites. Ils étaient connus également sous le nom de Béni Tarif, d’après le nom du fondateur de la principauté, qui avait rejoint le dessident kharijite Mayssara et porter le glaive contre les conquérants musulmans. La plupart des historiens décèlent que les Berghouata, proviennent de la dynastie berbère des Bacchus, et que Tarif est un amazigh. Les berbères de Masmouda et Zénata ont désigné Tarif comme chef. Il fut considéré comme le fondateur de la principauté des Berghouata, mais son fils Salih qui passe pour être le fondateur spirituel et le créateur de la religion des Berghouata. Les Berghouata voulaient recréer une copie conforme dans le Maghreb sous le troisième prince de la lignée, Younès pour que la prophétie des Béni Tarif soit révélée.
Il imposa une religion d’une manière de Coran comprenant quatre vingt sourates qui portaient presque toutes le nom d’un Prophète, on y comptait celui d’Adam, Ayoub, Pharaon, Harout…..Ni Salih qui avait peur pour sa vie, ni même son fils à qui son père a confié sa religion, sa science, ses principes et son « fiqh », ne se sont proclamés prophètes, ils restèrent tous deux partisans des Ibadites de la fraction des Kharijites (musulmans plaidant pour la démocratie et l’égalitarisme). Exactement comme l’avait fait, avant lui, le prophète Mohamed en Orient. Younès eut même recours à un autre verset du Coran pour faire prévaloir le statut mérité de son grand père en tant que prophète : « Et nous n’avons envoyé de Messager que dans la langue de son peuple » (sourate Ibrahim, verset, 4). Son argument est simple : Mohamed étant arabe, Salih a d’autant plus le droit de transmettre le message de Dieu auprès des siens au Maroc. Younès a même prédit que son grand-père allait réapparaître sous le règne du 7eme roi des Béni Tarif en tant que « Al Mehdi Al Mountadar » (inspiration chiite).

D’après l’historien Mouloud Achaq et selon Mohamed Talbi qui avance que la religion des Béni Tarif ne s’est pas totalement écartée se l’Islam. Elle s’est contentée de l’adapter dans une version amazighe, locale et indépendante de l’Orient, en se dotant d’un coran local et d’un prophète local. Ils voulaient probablement montrer qu’ils n’avaient pas de leçon à recevoir des despotes de l’Orient et qu’ils pouvaient produire leurs propres règles religieuses. Dans les faits, douze tribus seulement ont accepté la prophétie des Béni Tarif. Les autres tribus sous leur domination, et dont le nombre s’élevait à 17, ont gardé leur ancienne confession, l’Islam moutazilite. Or, les Berghouata sont comportés avec ces tribus comme des alliés et ne les ont pas persécutées au nom de la nouvelle religion. Au niveau de la population, les rites des Berghouata s’apparentaient de manière étonnante aux croyances païennes ancestrales et aux pratiques de sorcellerie, dont la sacralisation du coq, ils disent toujours, au lever du jour, « la tay wadane afellous » (le coq appelle à la prière). Selon l’orientaliste Nahoum Slouch, l’interdiction de manger la chair de coq proviendrait des Juifs du Machreq au Sahara. Ce qui a incité Slouch à affirmer que « la religion des Berghouata est musulmane dans sa forme, berbère dans ses rites et juive dans son fond et ses tendances ».

A une différence près : Les préceptes régissant le dogme, étaient nombreux et hétérodoxes, un jêune hebdomadaire du jeudi était obligatoire, la prière était faite cinq fois le jour et cinq fois la nuit, la prière publique se faisait à l’aurore (fjer) non le vendredi à midi (dhor), aucun appel (adène) à la prière ni rappel (ikamat). Une partie de leur prière se faisait sans prosternement (rekât) et une autre à la façon Orthodoxe, ils récitaient la moitié de leur coran pendant qu’ils étaient debout et l’autre moitié pendant les inclinations. Le salut était en dialecte berghouati "Dieu est au dessus de nous, rien de la terre ni des cieux ne lui est inconnu ". Tout Berghouati pouvait épouser autant de femmes qui le lui permettaient ses possibilités mais il ne pouvait contacter union ni avec une musulmane orthodoxe ni avec une cousine jusqu’au troisième degré. Il peut répudier et reprendre ses femmes. Le menteur était flétri du titre d’el morhaier (qui s’éloigne de la vérité) et généralement expulsé du pays. Comme alimentation étaient illicites la tête et la panse des animaux.

La région de Tamesna, traversée de forêts et de ruisseaux, qu’est née l’idée de nature hantée. Quant à la réticence à manger la tête de certains animaux, dont le poisson, et l’interdiction de manger les œufs, elles sont toujours de rigueur chez certaines tribus des Masmouda qui se sont réfugiées dans le Souss, après la dissolution de la principauté des Berghouata dont la mise en échec n’a pas été chose facile, loin s »en faut. Qu’est-ce qui lui a donné une telle force de résistance.

Après le carnage de Oued Beht et celui du village de Timaghine, qui leur ont permis d’élargir leur domination au début du 10eme siècle, Abdellah Abou Al Ansar, un roi berghouati pacifiste et cultivé est arrivé au pouvoir. A l’inverse de ses prédécesseurs, a réussi à fédérer nombre d’alliés sans avoir à répandre le sang. Al Bakri raconte qu’il rassemblait ses hommes, préparait son armée et s’apprêtait à lancer des attaques contre les tribus avoisinantes. Lorsque ces derniers lui offraient des présents dans une tentative d’attirer sa sympathie et qu’il acceptait leurs présents, il dispersait ses hommes en signe de renoncement à l’attaque envisagée. Cette description montre à quel point les tribus entourant le royaume des Berghouata craignaient ces derniers et tenaient à maintenir une trêve avec eux, liées par un lien national propre aux Berghouata.


1- Lien des Béni Tarif, détenteurs du pouvoir et les leaders de l’alliance idéologique et spirituelle du royaume.
2- Suivi des Masmouda, qui jouissaient d’un rang social privilégié.
3- Des Zénata et des Sanhaja, dont le rang social, s’étaient améliorés grâce à leur activité commerciale.
4- Toutes tribus soudanaises, grâce à leur bonne maîtrise du flux des caravanes provenant du Sahara.

A ce phénomène, Ahmed Siraj pense, quant à lui, que chez les Berghouata « les tribus faisaient les frontières », elles faisaient quelque 400 fortifications dans leurs villes stratégiques, telles Chellah, Fédala ou Anfa. Mais leur puissance réelle résidait dans leur force économique. Ils pouvaient selon Ibn Haouqal, avoir des échanges commerciaux même avec des gens d’Aghmet, du Souss et du Sijilmassa. Au point de vue agriculture, il suffit de citer Léon l’Africain « de blé égale du temps de ces hérétiques, l’abondance du blé était telle que les gens échangeaient une quantité à ce que pouvait porter un chameau, contre une paire de babouches »

. Seulement, jusqu’en 1994 que les premières tentatives d’exploration de la mémoire des Berghouata qu’a commencé les travaux, dont le but initial était de constituer la carte archéologique de la région de Mohammedia, ont permis dans un premier temps de découvrir le site de « Makoul » que le géographe Al idrissi et l’historien Ibn Khatib signalaient sur la route reliant Salé à Marrakech. Après, ils ont découvert d’autres tombeaux empreints de motifs ornementaux à proximité de la route reliant Casablanca à Rabat, non loin de Oued El Maleh sur le site de Sidi Bouamar. Chose surprenante, des tombeaux similaires qui étaient également sous le pouvoir des Berghouata dans les régions de Chaouia, Doukkala et Abda. Même opération de recherche, on découvrit un site, évoqué d’ailleurs par l’historien Michaux Bellaire, que l’on nommait « cimetière des Mages (Al Majous) ». Ce lieu serait un des rares témoignages attestant de la mémoire collective des Berghouata et l’image que les musulmans avaient d’eux à l’époque.

Leur puissance militaire allait se manifester clairement lorsque le fondateur de la dynastie Almoravide, Abdellah Ibn Yassine, a essayé de les anéantir en 1059. Sur cet événement, Mouloud Achaq nous raconte : Ibn Yassine s’est aventuré dans cette péripétie sans préparation. Il croyait pouvoir vaincre les Berghouata alors qu’il venait du désert et que ceux qu’il venait combattre connaissaient mieux leur région, difficile à pénétrer. Il sera tué dans cette bataille et inhumé dans un village perdu du nom de Kérifla.

Le royaume des Berghouata a résisté plus de quatre siècles, en effet jusqu’au milieu de XIIe siècle, ils ont su sauvegarder leur souveraineté et leur indépendance. Ils ont subi les attaques successives des Idrissides, des Fatimides, des Zirides, des Zénata et même des Almoravides. Toutes ces puissances ne seront parvenues à les anéantir. Ce sont les Almohades qui en viendront à bout à ce royaume amazigh original, qui était un peuple d’une vaillance et d’une robustesse incomparable, hommes et femmes se distinguaient par leur beauté et par leur extraordinaire force musculaire. C’est par Abdelmounen ben Ali El Goumi de la dynastie des Almohades qui a probablement conduit à l’anéantissement du Maroc officiel et petit à petit effacé leurs traces, en important des tribus arabes de Tunisie pour remplacer les tribus affiliées aux Berghouata et en changeant l’appellation de la région (Tamesna) par Chaouia. Ainsi, le directeur de l’Institut royal des études d’histoire, Mohamed Kabli, nous assure que le manuel de l’histoire du Maroc en cours de préparation recèlera pour la première fois le peu qu’on sait sur la dynastie des Berghouata.

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 23:02

Les origines préhistoriques et paléoberbères des Touaregs à travers l'art rupestre saharien

Les origines préhistoriques et paléoberbères des Touaregs à travers l'art rupestre saharien




Par Malika Hachide (Historienne)
Pour remonter aux origines préhistoriques et paléoberbères du peuple touareg, les spécialistes font appel à deux grandes catégories de sources: celle de l'archéologie et celle de l'histoire de l'Antiquité. Les sources archéologiques sont la paléo-anthropologie (l'étude des restes osseux11es monuments funéraires et l'art rupestre. Les sources historiques disposent de l'iconographie égyptienne et des témoignages des auteurs gréco-Iatins. Les architectures funéraires sahariennes se comptent par milliers] mais malgré l'excellente étude réalisée sur celles du Sahara méridional (Niger) (F.Paris) et secondairement celles du Tassili des Ajjer celles-ci n'ont pas encore livré tout leur potentiel de connaissances, notamment sur le type anthropologique physique des anciens Berbères qui y ont été inhumés. Les sources paléo-anthropologiques ne sont certes pas négligeables dans la région du Maghreb où des nécropoles ont livré quelques centaines de squelettes entiers de Mechtoïdes (Hommes des sites éponymes de Mechta-Afalou, en Algérie) et de Pro méditerranéens Capsiens (Hommes du site éponyme de Gafsa, en Tunisie). Mais, au Sahara où les collections sont plus réduites, éparses ou en attente d'analyses, iI est encore difficile d'avoir une vision claire des ancêtres possibles quoique nous sachions déjà que, là aussi, le peuplement des temps préhistoriques se partageait entre Mechtoïdes et Protoméditerranéens. Au Sahara central, dans les régions où le peuplement Touareg s'établira (Adrar des Ifoghas, Ahaggar Tassili des Ajjer, Tadrart Acacus et Tadrart méridionale, Air) la reconstitution de ce long cheminement historique et l'approche des lointains ancêtres des Touaregs doivent presque tout à l'archéologie, notamment l'art rupestre. Sans cet art, nous ne saurions que peu de choses sur les Premiers Berbères, sur leur apparence physique et leur vie quotidienne, leurs sociétés ou leur culture matérielle. Avec l'Antiquité, les témoignages écrits des auteurs gréco-Iatins (Hérodote, Strabon, Pline, Procope, Corippe ...), ainsi que des éléments historiques émanant du Proche-Orient, du monde égéen, des empires carthaginois et romains, mais aussi de l'iconographie de l'Egypte prédynastique et pharaonique vont apporter, à leur tour, une somme de connaissances; celles-ci, souvent recoupent les données archéologiques. Au Sahara central, les premiers Berbères apparaissent dès le Néolithique, la dernière et la plus brillante des civilisations du Sahara. On les appelle "les Protoberbères bovidiens" et leurs premières traces se manifestent vers 7000 ans environ. Ils vont évoluer en populations que l'on désigne sous le nom de "Paléoberbères", ces Libyens et Garamantesde l'Antiquité. Ils correspondent, dans le temps au début de l'Antiquité. D'autres vagues de migrations berbères se succèderont durant la périOde médiévale et moderne, notamment les grandes tribus chamelières Sanhadja qui fuient les conquêtes musulmanes pour s'établir au Sahara. Elles vont se sédimenter à la souche préhistorique et antique pour constituer la trame du monde touareg tel que nous le connaissons aujourd'hui. Ce cheminement historique millénaire résistera à toutes les adversités dont la plus éprouvante fut celle de survivre à l'âpreté du désert où le choix de rester libre guida ces nomades irréductibles.
C'est dans un Sahara encore vert, un foyer innovateur de la pensée et des techniques, que les Protoberbères bovidiens apparaissent, bénéficiant des derniers millénaires humides qui verdissent encore cette vaste région. Les plus anciens témoignages de la Berbérité sont donc des images, des fresques peintes et gravées datant des derniers millénaires de la préhistoire. La paléoclimatologie, les sites archéologiques et la faune sauvage reproduite par les peintures et les gravures montrent que le Sahara des Protoberbères se partageait entre la savane et la brousse, un paysage sur lequel régnait un climat de type sub-tropical, qui va, néanmoins, assez vite s'assécher: L'art rupestre et les ossements animaux découverts en fouille permettent de reconstituer toute une faune sauvage : éléphants, girafes, autruches, antilopes oryx et gazelles. Si le fleuve du Tafessasset avait gardé ses eaux, le désert n'aurait pas investi le Sahara : il serait devenu le Nil des Protoberbères dont le destin aurait été différent de celui d'avoir à lutter sans relâche pour la survie. Ils sont les riches héritiers de ce prodigieux progrès humain que fut la civilisation néolithique du Sahara, une des plus anciennes du monde, aussi ancienne et innovatrice que celle du fameux croissant fertile au Moyen- Orient. Quand, il y a 7 000 ans, les aristocrates protoberbères habillés de leurs beaux atours occupaient le Sahara, le nord de l'Europe découvrait à peine la poterie et l'Egypte n'était ni le territoire unifié, ni le pôle fondateur qu'elle deviendra deux milles ans plus tard. Comparés aux autres grandes ethnies de ce Sahara préhistorique, ces Protoberbères dénotent, car ils ne donnent pas l'impression de simples communautés de pasteurs-chasseurs, mais d'une véritable société construite autour d'usages, de conventions et de valeurs visiblement élaborés. Dans leur art, les signes extérieurs de l'abondance ne peuvent tromper: C'est un peuple civilisé comme le manifeste le soin apporté à la coiffure, au vêtement et à la parure, l'élégance de la pose et du geste, la qualité des relations humaines dominées par un haut niveau de convivialité où les scènes de palabres prennent l'allure de cérémonies de cour: On peut considérer leurs peintures comme l'un des points culminants de l'art rupestre saharien. Enfin, ces images préfigurent le statut privilégié de la femme touarègue. La société protoberbère était déjà constituée de plusieurs groupes se différenciant par la manière de se coiffer de s'habiller et se peindre le corps et peut-être même de parler le berbère avec chacun ses particularismes. Elle se différenciait également par des traditions funéraires diversifiées, chaque groupe ayant son type de sépulture et de monument cultuel.
L'art préhistorique de cette Berbérité naissante révèle déjà une des caractéristiques de cette ethnie: une inclination à la valeur guerrière et à la noblesse, étroitement liées au prestige social. On peut imaginer sans beaucoup se tromper que ce peuple était déjà porté par une valeur fondamentale: le code de I'honneur: C'est avec les Protoberbères que va se mettre en place l'appareil social et idéologique qui génèrera la civilisation paIéo-berbère puis la civilisation touarègue comme en témoignent les thèmes privilégiés de leurs fresques et le gigantisme de leurs monuments funéraires. Les Protoberbères bovidiens sont essentiellement des pasteurs qui élèvent des breufs (d'où leur nom), des chèvres et des moutons. Ils excellaient à la chasse. Seminomades, leurs habitats étaient diversifiés : courtes haltes quotidiennes autour d'un foyer, vastes abris-sous-roche réoccupés à chaque saison, campements de plein air avec des cases pour un plus long séjour. Ils confectionnaient des nattes qu'ils utilisaient comme velum de leurs cases de forme circulaire. Des peintures rupestres représentent des femmes protoberbères mettant en place ces cases exactement avec les mêmes matériaux et les mêmes gestes que les femmes touarègues d'aujourd'hui. La cueillette était un important appoint dans leur alimentation, notamment celles des graminées sauvages dont ils faisaient une abondante consommation. Disposant de vastes champs de graminées faciles à cueillir ces hommes bien que connaissant l'agriculture, ne semblent guère y avoir eu recours, car les traces de ces activités sont très ténues dans les fouilles archéologiques (pollens, graines).
Le quotidien de ces Protoberbères n'était pas fait que de corvées: ils avaient leurs loisirs, leurs jeux; il pratiquaient des cérémonies et des rituels que l'on retrouve, pour certain d'entre eux et de manière identique, dans les Touarègues.
Les Protoberbères ont un art très dynamique et libre : l'agitation des campements, les compositions très animées de rencontres et de palabres, de chasses très mouvementées, de divertissements, danses et jeux acrobatiques, les scènes d'échange de plumes -un geste d'hospitalité et de courtoisie, ou une sorte de reconnaissance de statut- les réunions animées de palabres et de discussions, le défilé des troupeaux sous la houlette du berger... Tout est toujours et partout en mouvement.
Les femmes protoberbères ont des formes opulentes et sont très élégantes. On les voit installer le campement, recevoir les hôtes d'importance et leur proposer de se désaltérer; elles ont la responsabilité du troupeau et de la traite et elles participent à la chasse. Elles sont le plus souvent vêtues d'une robe, avec, parfois, dessous, un pantalon; sur cette robe, elles portent une peau de bête nouée autour de la taille. Cette peau prendra une importance majeure avec les Paléoberbères de j'Antiquité. Hérodote, historien grec qui écrit au Ve siècle avant j.-C., nous apprend que les Grecs ont emprunté aux femmes libyennes la peau de chèvre, sans poils et teinte en rouge, et qu'ils en ont fait l'égide de la déesse Athéna. Cette égide annonce un autre vêtement, ce pan de tissu que les femmes de certains groupes berbères nouent, aujourd'hui encore, autour de la taille et que l'on appelle "fotta" chez les kabyles (Algérie). La linguistique confirme que la racine berbère RYD " chevreau " est peut-être à l'origine du mot grec " égide " (aigis, aigidos], "peau de chèvre", attribut de la déesse Athéna (S.Chaker).
Les hommes protoberbères sont fins et élancés. Ils vont souvent torse nu, une jupe pagne touchant aux genoux, parfois fendue sur le devant. Ils portent aussi une peau de bête autour des reins, ou attachée plus haut, au niveau des épaules, comme une cape. Ces capes manteaux ont parfois un capuchon et on pense, immédiatement, au "burnous" de nos Berbères montagnards. C'est exactement ce vêtement, confectionné dans du cuir, que portaient, il n'y a pas longtemps encore, les Touaregs de L'Air: II existe des habits bien plus riches et élaborés, avec foison de volants, festons, effilochures, passementeries, d'accessoires divers accrochés ça et là, une richesse vestimentaire qui est celle des tenues d'apparat. Les hommes et les femmes portaient des toques garnies de plumes quand celles-ci n'étaient pas fixées dans les cheveux.
C'est avec les Protoberbères qu'apparaît pour la première fois un trait culturel fondamental que nous n'hésitons pas à considérer comme le plus ancien témoignage de l'identité ethno-culturelIe berbère au Sahara, un trait que les Touaregs ont conservé. Il s'agit du port du double baudrier: il s'agit de deux cordons croisés sur la poitrine, puis attachés autour de la taille. Chez les Touaregs, on les nomme les elmejdûden (en tamâhaq) : le baudrier croisé symbolise l'action et la valeur guerrière et était appelé "cordon de noblesse" par les explorateurs et militaires européens du XIXe siècle.
C'est avec les descendants des Protoberbères bovidiens, les Paléoberbères Libyens, que le baudrier prend toute sa signification guerrière. Sa figuration dans les peintures égyptiennes tend à montrer qu'il pouvait avoir une signification encore plus importante: porté par les hommes, les femmes et même les enfants, il pouvait être considéré comme une sorte de" nous" collectif exprimant une véritable identité ethnique. Chez les Protoberbères, ce baudrier entre dans la composition de scènes reproduisant un rituel lié au combat et à la chasse. Avec les Touaregs, le baudrier croisé entre également dans l'initiation des adolescents au combat comme le révèle la fête de la Sebiba de Djanet (Algérie). Ce sceau identitaire de la Berbérité, comme l'égide d'Athéna empruntée par les Grecs, auront donc traversé près de 7000 ans !
Les peintures protoberbères représentent généralement une classe sociale au statut social privilégié; les caractéristiques de ce statut sont aisément identifiables: il s'agit des peintures et des tatouages corporels, des plumes dans les cheveux, du baudrier croisé, du bandeau frontal, du bâton de jet que les personnages tiennent à la main, arme de la bravoure et l'emblème de l'autorité. Ces individus sont représentés systématiquement associés à un mouton dans des scènes où les qualités physiques, compétitives et guerrières sont mises en relief; on y voit d'autres armes comme le javelot, l'arc et plus rarement un petit bouclier. Tous ces éléments culturels constituent des instruments de valorisation participant à la reproduction des élites sociales.
La pratique du tatouage et de la peinture corporelle chez les Paléoberbères de l'Antiquité représentait le signe extérieur de l'autorité et de la noblesse. Elle était déjà largement en usage chez les Protoberbères dont le corps est fastueusement peint, jusqu'au visage. On voit apparaître dans cette parure corporelle, ainsi que le décor des vêtements, de nombreux motifs géométriques: ils annoncent les signes et symboles caractéristiques de l'art berbère. Dès l'extrême fin du VIle millénaire BP. et le VIe millénaire BP., les souverains et dignitaires protoberbères se font enterrer dans de prestigieuses sépultures. Il s'agit d'une architecture de tombes et de sanctuaires monumentaux construits en pierres sèches. Au Sahara méridional (Niger) où des fouilles systématiques ont été entreprises, si on a découvert de nombreux squelettes, le mobilier funéraire reste rare, les poteries exceptées. Dans l'état actuel de nos connaissances, l'art rupestre reste donc l'unique document qui se prête à la reconstitution de la culture matérielle des Protoberbères bovidiens (ainsi que des Paléoberbères d'ailleurs). Ces sépultures monumentales sont l'expression d'une idéologie du pouvoir et le reflet d'une hiérarchie sociale au sommet de laquelle régnaient les membres de lignages dominants. La grande variété typologique des architectures funéraires et leur régionalisation reflètent la structure du peuplement protoberbère puis paléoberbère, chaque groupe faisant usage d'un type de tombe précis, parfois pour marquer son territoire. Cette régionalisation révèle donc l'existence de véritables tribus et confédérations, dont les particularismes n'effaçaient pas les traditions communes. C'est ainsi que seront organisées, plus tard, les sociétés touarègues. L'orientation systématique de ces monuments funéraires vers l'Est correspond à un culte des astres sur lequel nous reviendrons.
[size=32]Des Protoberbères aux Paléoberbères[/size]
Aux Protoberbères bovidiens de la préhistoire et du Néolithique succèdent les Paléoberbères de l'Antiquité; on les appelle Libyens. Ils possèdent des chevaux et des chars, des armes et autres objets en métal et inventeront une écriture. Ils sont révélés par l'art rupestre saharien et l'iconographie égyptienne vers la fin du IVe millénaire avant j.-C. Au cours de l'Antiquité, les Grecs faisaient la distinction, en Afrique, entre les peuples indigènes, les Libyens et les Ethiopiens, et les peuples étrangers, c'est-à-dire les Phéniciens et eux-mêmes. Etre Libyen signifiait donc être africain et blanc, mais non égyptien. Les Libyens orientaux, qui vivaient dans les régions situées depuis le Delta du Nil jusqu'à la Marmarique et dans tout le Désert Libyque, étaient organisés en tribus et en grandes confédérations, chacune ayant un nom. Parmi les plus importantes se trouvait celle des Rebou ou Lebou, qui est très tôt mentionnée par les chroniques égyptiennes par les consonnes" R B W ". Le terme est repris par les Grecs qui en firent usage pour désigner le continent africain [comme le monde le connaissait à l'époque); le premier ethnonyme des Berbères, "Libyens" fut donc celui de l'Afrique, "Libye".
Les Paléoberbères du Sahara que nous appelons donc les "Libyens sahariens" sont les cousins et voisins des Libyens orientaux; ils sont contemporains des premières civilisations historiques de la Méditerranée comme l'Egypte, Mycènes, Crète, Carthage, Grèce et Rome, Byzance pour ne citer que les plus proches. Ces Libyens ont le plus souvent été présentés comme des peuples passifs hors du champ de l'histoire, sauvés de l'oubli par les témoignages écrits des autres, alors qu'ils ont contribué à écrire celle-ci en Méditerranée.
Dès la préhistoire, les Libyens orientaux et les Egyptiens furent en contact à travers le fracas des armes et des batailles (Prédynastique, fin du IVe millénaire avant j-C.). Ces audacieux voisins des pharaons comptaient quatre grands groupes: les Temehou, dans le désert, le long de la rive occidentale du Nil, les Rebou ou Lebou, les Tehenou et les Meshwesh, sur les côtes de la Méditerranée, depuis le Delta du Nil jusqu'à la Marmarique, la Tripolitaine et la Cyrénalque. On sait que des groupes libyens vivaient dans le Delta, le long du Nil et dans les oasis du Désert Libyque i ils contribuèrent ainsi au peuplement de l'ancienne Egypte. Les grandes tribus et confédérations libyennes, seules ou alliées aux Peuples de la Mer, s'attaquèrent plus d'une fois aux pharaons, constituant un danger permanent sur la frontière occidentale de cet empire.
Tribulations d'une ethnie
C'est au Nouvel Empire (notamment de 1307 à 1070 avant j.- C.), que la menace des Libyens orientaux fut la plus grande: alliés aux Peuples de la Mer venus de Lycie, d'Etrurie, de Sicile, de Sardaigne, d'Asie Mineure (sous la poussée d'invasions indo-européennes dans les Balkans qui les fait aboutir aux côtes africaines et débarquer en Marmarique, en transitant par la Crète), ils vont faire trembler la puissante Egypte des pharaons. Au cours du règne de Mineptah (1224-1214 avant j.C), l'Egypte doit faire face à une formidable coalition des Peuples de la Mer et des Libyens orientaux avec les tribus des Lebou, des Temehou, des Meshwesh et des Kehaka. C'est un chef libyen, Meghiey, fils de Ded, roi des Lebou, qui commande les coalisés dont le nombre s'élève à 20 ou 25 000 guerriers. Que ce soit Meghiey qui fut choisi pour diriger cette impressionnante coalition prouve la puissance de ces Libyens, leur capacité à s'organiser et à s'attaquer à l'un, sinon le plus grand empire de la Méditerranée antique. Le fait que les attaquants libyens soient de véritables immigrants, des tribus entières d'hommes, de femmes et d'enfants, transportant avec eux tous leurs biens, montre qu'ils fuyaient l'aridité de leur pays pour l'abondance de la vallée du Nil. L'iconographie égyptienne a abondamment représenté les Libyens orientaux, notamment leurs rois. Ces souverains sont vêtus de la tunique royale nouée sur l'une des deux épaules. La cape des Libyens représentés sur les rochers du Sahara (Tassili des Ajjer; Ahaggar, Tadrart Acacus et méridionale) est identique à la tunique des Libyens orientaux des fresques égyptiennes. Comme eux, d'ailleurs, ils portent le baudrier croisé et les plumes dans les cheveux. Libyens sahariens et Libyens orientaux faisaient partie de la même grande famille des Libyens de l'Est [occupant les territoires de la Libye, la Tunisie et la région occidentale de l'Egypte actuelles1 eux-mêmes cousins des Libyens occidentaux [habitant les régions de l'Algérie et du Maroc actuels).
Le contexte socioculturel des Paléoberbères offre de nombreuses similitudes avec les Touaregs d'aujourd'hui, à tel point que nous ne pouvons qu'admettre que leurs lointains ancêtres -les Protoberbères bovidiens du Néolithique, puis les Libyens sahariens des débuts de I'Antiquité- constituent assurément la souche la plus ancienne du peuplement touareg. Les souverains des Libyens orientaux portent sur la tempe la" tresse berbère ", une coiffure caractéristique que les explorateurs européens, abordant le pays touareg au XIXe siècle, ne manqueront pas de signaler [par exemple Heinrich Barth en 1851 chez les Touaregs de l'Air, au Niger).

D'autres fois, ils portent sur la poitrine le fameux baudrier croisé ainsi qu'un collier à pendeloque. Comme les Protoberbères, leur corps est orné de nombreux tatouages. Ces tatouages et les capes décorées des Libyens orientaux reproduisent les motifs caractéristiques de l'art géométrique berbère, comme le triangle, le losange, la ligne brisée ou la croix. Parmi ces tatouages, on identifie le symbole de la déesse Nit ou Neith. Tatouages et plumes sont réservés aux représentants de l'échelle sociale la plus élevée, comme le chef de la tribu des Rebou qui, figuré avec ses guerriers, est le seul de son groupe à être tatoué et à porter deux plumes, symbole du plus haut niveau de chefferie. Ces souverains ont le front ceint d'un bandeau frontal comme, plus tard les rois numides figurés sur les monnaies. Ils portent des bracelets aux avant-bras à l'instar de leurs descendants touaregs. Dans l'art égyptien, les souverains libyens ont les yeux foncés ou bleus, une courte barbe et portent des anneaux aux oreilles. Le chef de la tribu avait un pouvoir héréditaire. Chez les Alitemnii, on choisissait comme chef le plus rapide, et, pour l'assister le plus juste. On alliait ainsi force et jeunesse à l'expérience et la sagesse. Celui-ci était assisté d'un conseil. La société semble avoir été structurée selon des valeurs aristocratiques où le roi, qui deviendra un ancêtre héroïsé, constitue la valeur suprême.
La période paléoberbère de l'art rupestre saharien qui correspond à l'Antiquité est constituée de deux phases. La première, la plus courte, est celle des Libyens sahariens; la seconde n'est qu'un simple continuum des caractéristiques socioculturelles de la première, avec toutefois des éléments nouveaux d'une importance capitale: l'apparition des métaux et des premiers signes d'écriture. Parmi les peuples paléoberbères, l'entité saharienne la plus puissante, avec celle des Gétules, sur laquelle nous avons le plus de renseignements historiques, est celle des Garamantes. Tacite [historien latin, Ier-Ile siècles de notre ère) disait de ce peuple qu'il constituait" une nation indomptée ". Seul état organisé de l'Afrique intérieure au sud des possessions carthaginoises et romaines, les Garamantes représentaient une entité régionale considérée comme un véritable royaume dans la littérature gréco-romaine, un centre de pouvoir à la fois politique, économique et religieux. Nous avons donc choisi ce nom, en guise de terme générique, pour désigner les hommes et les femmes de la seconde phase de la période paléoberbère de l'art rupestre saharien, descendants directs des Libyens sahariens.
Dans l'art rupestre, les personnages garamantiques portent une tunique en cuir, tombant à mi-cuisse et serrée à la taille qui leur donne une allure de diaboloj c'est la raison pour laquelle les spécialistes les ont aussi appelés" les bitriangulaires "o Comme le baudrier croisé, cette tunique en cuir a eu une longévité historique remarquable: ce vêtement en cuir souple s'est conservé jusque chez les Touaregs, chez les Isseqqamaren de l'Ahaggar par exemple, et l'on peut en voir un bel exemplaire exposé au musée du Bardo à Alger.
Guerre, luxe et aristocratie
Hérodote nous présente le Sahara comme un désert infernal inhabité et si on devait s'en tenir à l'histoire, sans les peintures et les gravures rupestres d'une part, et les monuments funéraires d'autre part, les Libyens sahariens n'auraient jamais existé. Ces sahariens, comme leurs prédécesseurs, se présentent comme une aristocratie guerrière. Le signe de leur autorité était le bâton de commandement qui avait valeur de sceptre. Dans les années 1930, les chefs touaregs tenaient encore cet emblème à la main, appelé " talak " en " Tamâhaq " .
Un des thèmes les plus caractéristiques de l'art paléoberbère est celui que nous avons individualisé comme" la danse des bâtons" : deux ou plusieurs hommes se font face et croisent leurs bâtons comme s'ils sautaient ou dansaient. Ce genre de scène évoque une danse bien connue des Libyens orientaux, plus exactement les Temehou chez lesquels il s'agissait d'une danse guerrière [peut-être même des préparatifs de guerre); les Temehou dansaient en entrechoquant leurs bâtons de jet! Encore une fois, la danse des bâtons est encore pratiquée par les Touaregs. Les Touaregs portent un poignard attaché à l'avant-bras: le type de fixation de cette arme est déjà représenté chez les Libyens sahariens, il y a près de 1 500 ans avant J-C. Pourtant, cette façon d'attacher son poignard n'est signalée qu'au Vie siècle de notre ère par Corripe. Les Libyens sahariens portaient, attachés en bandoulière, des poignards similaires aux dagues métalliques de leurs cousins, les Libyens orientaux. Ce port est identique à celui qui avait cours chez les peuples de la Méditerranée orientale : c'est ainsi que les fantassins grecs de l'armée de Pharaon ou les guerriers Poulastii, un groupe des Peuples de la Mer portaient la grande épée, dite" mycénienne ".
Parfois, les Libyens sahariens ont de véritables casques évoquant aussi le casque mycénien. Ces éléments montrent que les Libyens au centre du Sahara ne vivaient pas isolés et qu'ils avaient connaissance des peuples et des cultures de la Méditerranée orientale. Les Libyens sahariens n'ont ni l'allure de chasseurs ni celle de pasteurs, mais celle de personnages princiers. Ils sont d'une élégance et d'un raffinement de cour royale. Les listes de butins soigneusement consignées par les scribes égyptiens laissent deviner un luxe et un train de vie surprenants. Ce n'était pas de frustres nomades: hommes et femmes appréciaient les belles toilettes, buvaient et mangeaient dans de la vaisselle de bronze.
La femme libyenne a une position sociale et politique semblable à celle de l'homme. Elle porte le baudrier croisé et fixe des plumes dans ses cheveux i elle tient le bâton de commande- ment à la main et peut-être armée d'un javelot et d'un bouclier. Les auteurs grecs et latins ont écrit qu'elle dirigeait des chevaux et des chars et qu'elle combattait aux côtés des hommes: c'est ce que confirment les peintures rupestres. Son rôle guerrier n'est donc plus à démontrer: Si on devait s'en tenir à nos traditions, le statut de nos ancêtres femmes, rend injuste celui qui nous est aujourd'hui imposé.
Des chevaux et des hommes
Le statut guerrier de ces personnages est également mis en valeur par l'apparition du cheval et du char. En effet, les Paléoberbères vont faire une acquisition de taille: celle du char et du cheval, deux éléments qui vont devenir l'instrument idéal de leur suprématie. Les Paléoberbères étaient les plus redoutables cavaliers et conducteurs de chars quel' Antiquité ait connus. Ils montaient à cru, une monte unique en Méditerranée qui faisait l'étonnement de tous les auteurs gréco-Iatins qui n'ont pas manqué de souligner leurs talents équestres. Ils étaient sollicités sur les champs de bataille de la Méditerranée où, souvent, c'est grâce à leur adresse et leur bravoure que des victoires étaient remportées par les Carthaginois, les Perses ou les Romains. Le char était un véhicule pour la chasse, la course, et surtout la guerre ; il était aussi un objet de parade et de prestige, prérogative des chefs, des guerriers et des dignitaires. Le système d'attelage du char à une barre de traction, placée sous le cou du ou des chevaux, a été inventé par les Libyens sahariens. Ce n'était pas un mode de traction mais un procédé de dressage. On considère que les Paléoberbères ont mis au point le plus vieux " manuel de dressage et de ménage " O.Spruytte]. Hérodote écrit que ce sont les Libyens qui ont appris aux Grecs à atteler à quatre chevaux. Ils ont également inventé une roue inconnue de l'Antiquité, une roue qui pouvait se monter et se démonter sans aucun outillage; le nombre élevé de rais, huit par exemple, avait un effet ralentisseur sur un côté du char, ceci dans Je dessein de contenir un cheval trop rapide lors du dressage.
En inventant l'attelage par barre de traction et une roue d'une minutieuse industrie, les Paléoberbères du Sahara ont non seulement démontré leurs capacités technologiques, mais ils ont aussi apporté leur contribution à l'évolution technologique de la civilisation méditerranéenne en mettant au point " une méthode de dressage absolument originale et jusqu'ici insoupçonnée" O.Spruytte).Associée à l'usage de timons multiples, cette méthode permettait de dresser des chevaux à l'attelage en huit jours comme l'a montré l'expérimentation archéologique réalisée par l'équipe de Jean Spruytte, spécialiste du cheval dont les travaux sur la tradition équestre nord-africaine ont précieusement éclairé les archéologues. Les Libyens orientaux et sahariens, loin de vivre
en marge des grands évènements historiques de l'Antiquité ont incontestablement participé au grand mouvement de la charrerie méditerranéenne. Si, dès le milieu du Ille millénaire avant J-C, les Libyens sahariens possédaient des poignards et des dagues importés de la façade méditerranéenne (auprès des Egyptiens, des Mycéniens ou des Asiatiques11eurs successeurs, les personnages garamantiques fabriqueront eux-mêmes leurs armes métalliques à partir de minerais et d'un savoir métallurgiste locaux. La métallurgie du cuivre (et dès lors du bronze) au Sahara méridional
remonte au IXe siècle (Niger) et Ville siècle (Mauritanie) avant j-C Puis, les Paléoberbères du Sahara inventent la métallurgie du fer en même temps que l'Egypte ou la Mésopotamie, il y a environ 3000 ans (massif du Termit, Niger). Il a donc existé au Sahara un véritable foyer autochtone africain d'invention métallurgique.
Un habitat paléoberbère, le site d'lwelen (Aïr Niger), a livré des pointes de lance en cuivre. Il a été daté entre 830 plus ou moins 40 BC et 195 plus ou moins 50 BC en âge 14C calibré. Les précieuses datations du site d'lwelen permettent d'établir une chronologie de la période paléoberbère. Les pointes métalliques d'lwelen sont identiques à celles qui ont été gravées sur des rochers du même site et qui sont associées à des gravures de chars schématiques. Sachant que les chars peints au galop volant remontent à environ 1500 avant J-C et que ceux du site d'lwelen sont des chars schématiques qui leur sont postérieurs, sachant que ces derniers sont associés à un habitat daté du 1er millénaire avant J-C, c'est donc après 1500 avant J-C et avant 1000 avant J-C que les Paléoberbères sahariens aient découvert les métaux; c'est alors que les Libyens sahariens deviennent dans l'art rupestre les personnages garamantiques bitrangulaires brandissant des javelots à armature métallique (M.Hachid). On sait que les Touaregs sont le seul groupe berbère à avoir conservé l'usage de l'écriture. Leurs ancêtres, les Paléoberbères nous ont légué des milliers d'inscriptions sur les rochers du Sahara, des inscriptions de l'écriture libyque qui donnera le tifinagh (pluriel de" tafinek ") allant de l'Antiquité jusqu'aux temps présents. Le libyque appartient à la grande famille de langue dite"afro-asiatique ou afra-sienne" (anciennement appelée chamito-sémitique) à laquelle se rattachent des langues comme l'égyptien ancien ou le sémitique. Il recouvrait différents alphabets ayant des caractéristiques communes, mais dont l'expansion dans l'espace et le temps, a abouti à la diversification d'une partie des signes et de leur valeur Les alphabets en usage dans les régions sahariennes, territoires des Gétules et des Garamantes, sont malheureusement les plus mal connus et les plus mal situés dans la chronologie.
Des signes et des lettres
On savait néanmoins, par l'inscription gravée d'Azzib n'lkkis (Yagour Haut Atlas, Maroc) que cette écriture datait au moins des V I Ie Ve siècles avant notre ère et par le mausolée funéraire dit de " lIn Hinan " (AhaggaljAlgérie) que les tifinagh récents peuvent remonter au Ve siècle de notre ère. C'est chez les Paléoberbères sahariens que l'on trouve les plus anciennes inscriptions libyques (M.Hachid)j elles apparaissent plus précisément dans la seconde séquence de l'art paléoberbère saharien, celle des personnages gara mantiques, dans un contexte caballin. Comme les Garamantes bitriangulaires, elles sont donc apparues après 1500 ans avant J.C et avant 1000 ans avant j-C, c'est-à-dire dans la seconde moitié du second millénaire avant j-C. L'alphabet phénicien a vu le jour entre 1300 et 1200 avant j-C : c'est exactement la période à laquelle le libyque apparaît sur les rochers du Sahara, par conséquent, la contemporanéité de ces deux écritures ne permet pas d'envisager que le libyque soit issu du phénicien et encore moins du punique. Toutefois, des échanges ne sont pas impossibles.
D'autres éléments d'ordre archéologiques et historiques montrent que l'écriture libyque pourrait avoir une origine autochtone et une genèse locale. C'est ce qu'indique le fait que les plus anciennes inscriptions se localisent au Sahara central, bien loin des domaines phénicien et carthaginois et des zones d'influence punique. Un autre indice est celui de l'art géométrique berbère sur lequel nous allons revenir plus amplement. Les tifinagh anciens apparaissent avant l'arrivée du dromadaire au Sahara, mais on ne sait pas avec exactitude quand cet animal a atteint le désert.
Toutefois, le dromadaire est tout à fait repérable, par les témoignages historiques, dans le dernier siècle avant notre ère avant d'abonder dans la partie orientale de l'Afrique romaine dès les premiers siècles de notre ère. Les tifinagh anciens ne peuvent donc qu'être apparus au cours du dernier millénaire avant J-C, avant le dernier siècle (au moins). Ainsi, les tifinagh anciens ont au moins six siècles d'âge et les écritures libyques ont pu durer plus de 1000 ans. Nous avons déjà évoqué l'apparition de signes géométriques d'une grande diversité qui a pu donner naissance à une graphie locale. Les plus anciennes manifestations de ces motifs apparaissent avec les Capsiens du Maghreb (décor des objets utilitaires, art rupestre et mobilier), il y a environ 10000 ans. On les retrouve chez les Protoberbères bovidiens du Sahara Central, il y a 7000 ans (peintures corporelles et tatouages, décor des vêtements). Ils se multiplient avec les Libyens orientaux et sahariens, il y a 3500 ans. Dans tous ces groupes humains, constituant les premières étapes du peuplement berbère, du Maghreb au Sahara, on retrouve ce vieux stock de signes divers : c'est dans ce creuset iconographique, datant de la plus lointaine préhistoire, que des éléments ont pu se prêter progressivement à la mise en
place d'un langage idéographique primaire (M. Hachid). Ce n'est qu'avec les Paléoberbères Garamantes que ce système s'est orienté vers une forme scripturaire pour donner les premiers caractères d'écriture, dans la seconde moitié du second millénaire avant J-C. Les Paléoberbères, et peut-être déjà les Protoberbères bovidiens du Sahara et les Protoméditerranéens du Maghreb ont donc possédé des symboles ayant valeur de véritables idéogrammes, une graphie naissante porteuse de sens et issue de leur art géométrique. Assurément, ils ont dû l'améliorer au contact d'autres systèmes d'écriture et alphabets de la Méditerranée orientale. L'art géométrique berbère, qui pourrait avoir inspiré la genèse de la graphie libyque, se conservera jusqu'à nos jours dans les arts populaires (tissage, tatouage, peintures murales, sculpture sur bois, décor de bijoux, poterie. ..). L'ascension de l'élite protoberbère se continue avec l'élite aristocrate paléoberbère et se traduit dans les mentalités par une sorte d'exaltation de l'aristocratie et de la noblesse guerrière. Cette société était une société de chevalerie, de courtoisie où la musique et l'importance des sentiments décrivent une civilisation de raffinement. Certaines scènes de rapprochement sentimental entre couple préfigurent une tradition socioculturelle propre au monde touareg, celle de l'ahal, une soirée de divertissement qui se tenait au campement et rassemblait les adolescents. Ces jeunes gens y faisaient de la poésie, de l'esprit, de la musique et se choisissaient. Comme chez les Protoberbères, la société était mixte et la femme omniprésente. La femme touarègue héritera d'une grande partie de droits de ces prestigieuses ancêtres, droits qui lui sont progressivement ôtés par d'autres législations. Les Paléoberbères élevaient des bœufs, des ânes, des chèvres et des moutons; ils chassaient une faune relictuelle de girafes, rhinocéros, éléphants, une faune qui montre que le désert n'a pas encore complètement eu raison du Sahara, mais qu'il gagne à grands pas. Sur les parois, leurs artistes ont presque exclusivement représenté la classe dominante de leurs sociétés, des sociétés qu'on devine bien hiérarchisées, avec maîtres et sujets, et peut-être déjà des esclaves noirs, bien que les Mélanodermes de la Préhistoire, ces "Ethiopiens" de l'Antiquité et "Harratines" d'hielj soient de moins en moins représentés dans l'art paléoberbère. Comme les Protoberbères, les souverains paléoberbères se faisaient enterrer dans de grandes sépultures associées à des sanctuaires datés du IVe millénaire B~ Les vestiges que les fouilles y ont révélés montrent qu'ils étaient très proches des Touaregs actuels. Ces recherches ont montré que le tumulus à cratère peut être mis en relation avec des traditions augurant de la culture touarègue : au Sahara nigérien, la fouille de l'un d'eux a mis au jour une femme d'une cinquantaine d'années dont les vêtements et leur décor, ainsi que les motifs des bijoux, étaient de culture touarègue.
Croyances et mysticisme
Cette sépulture est datée entre le Ville et Xe siècle ; elle remonte donc au début de l'islamisation, mais ni cette femme ni sa tombe n'étaient musulmanes. Dans un autre type de sépulture, la bazina, on a découvert des poteries décorées, la réplique exacte des récipients en bois des Touaregs. Comme leurs ancêtres protoberbères, les Paléoberbères pratiquaient le culte des astres, essentiellement celui du soleil et de la lune, et s'adonnaient à quelques pratiques de divination.
Ces croyances sont révélées par l'orientation systématique vers l'Est de leurs monuments funéraires mais aussi par les témoignages historiques. Hérodote nous apprend que tous les Libyens sacrifiaient à la lune et au soleil et à nul autre dieu (à l'exception d'un groupe qui révérait aussi la déesse Athéna). Ibn Khaldoun, au XVe siècle, témoigne des mêmes croyances quand il écrit que l'Islam trouva en Afrique du Nord des tribus berbères qui confessaient la religion juive, d'autres qui étaient chrétiennes et d'autres encore païennes, adorant la lune, le soleil et les idoles. Le recours à l'incubation, c'est-à-dire à la divination par les songes sur les tombes des ancêtres morts, se pratiquait il n'y a pas longtemps encore chez les Touaregs. Nous y avons nous-mêmes eu recours avec l'aide d'une amie targuia. Les serments se faisaient aussi sur la tombe des ancêtres. L'existence de bétyles et d'images rupestres représentant de grands personnages, inhabituels dans cet art, tendent à indiquer un culte des ancêtres et de leurs mânes, ancêtres qui seraient devenus des héros mythiques. On a d'ailleurs conservé chez les Touaregs le souvenir de plusieurs saints antérieurs à l'Islam. Les rois des Libyens orientaux portaient des tatouages représentant le symbole de la déesse Nit ou Neith. Le Dieu Ash était considéré par les Egyptiens comme "le Seigneur des Libyens". On sait aussi que les Grecs ont emprunté des Dieux aux Libyens, notamment ceux qu'ils appelleront Poséidon et Athéna. Quant au dieu Ammon, que l'on vénérait dans l'oasis de Siwa (Egypte), et qui rendait des oracles, il était célèbre dans toute la Méditerranée. Pour se donner une ascendance divine, Alexandre le Grand n'hésita pas à traverser le Désert Libyque pour aller le consulter: Enfin, on sait que si plusieurs groupes berbères ont adopté le judaïsme puis le christianisme, leur toute première conversion à la religion musulmane fut celle d'un kharidjisme irrédentiste, répondant à la conquête arabe. Sur le plan climatique, le Sahara est entré dans une phase de sécheresse qui dure jusqu'à nos jours. Mais la paléo-climatologie a établi qu'une pulsation humide est intervenue au cours du ter millénaire avant j-C; elle a certainement contribué à l'énorme progrès civilisationnel que les Paléoberbères sahariens ont alors accompli. Mais, une fois cette rémission achevée, l'aridité reprendra ses droits et aux alentours de l'ère chrétienne, elle fait basculer le Maghreb vers la Méditerranée, le séparant de l'Afrique noire. Alors, seul le dromadaire et la datte ont épargné au Sahara de se transformer en un désetotal, un désert d'eau et d'hommes. La vie se réfugiera dans les oasis qui deviennent des pôles de sédentarité, mais aussi de pouvoir: Quand le dromadaire se répand au Sahara, il s'intègre sans bouleversement dans ce monde paléoberbère qui demeure, à quelques nouveautés prés, le même dans sa culture et son atmosphère. Même si on ignore son origine exacte, le dromadaire fait très tôt partie du paysage nord-africain. Les témoignages écrits sont très peu nombreux au 1er siècle de notre ère, mais l'animal est de plus en plus mentionné aux Ille, IVe et Ve siècles, pour devenir omniprésent au VIe. Au Ille et IVe millénaires de notre ère, de puissantes tribus berbères en font un usage domestique, mais aussi guerrier et militaire. Au Vie siècle, Corripe et Procope relatent de véritables batailles entre ces tribus et les armées byzantine et vandale. Ces tribus chamelières sont en majorité signalées par les auteurs latins dans les régions orientales de l'Afrique romaine puis byzantine, à l'ouest du Nil, depuis la Cyrénaique jusqu'à la Tripolitaine. Pour certains, l'origine du dromadaire ne peut être qu'orientale et les invasions assyriennes de l'Egypte, aux VIlle et VIle siècles avant J.C, en seraient le premier relais vers l'Est et le Maghreb. Le roi Assarhadon traverse le désert de Sinai grâce aux chameaux prêtés par ses alliés arabes qui servent à transporter eau, vivres et autre matériel. Puis le dromadaire est mentionné en 525 avant J.C, lorsque Cambyse atteint la Cyrénaique. En 324 avant j.C, pour se rendre à Siwa, Alexandre le Grand fait transporter ses outres d'eau par des chameaux. Dans la partie orientale de l'Afrique du Nord, les invasions des uns et des autres ont fait usage du dromadaire, et ce jusqu'en plein pays libyen. Une autre hypothèse fait venir le dromadaire directement de l'Ethiopie, laquelle l'aurait reçu de l'Arabie par le détroit de Bab el-Mandeb. Les Paléoberbères de la fin de l'Antiquité qui adoptent le dromadaire évoluent dans un désert avec un environnement animalier très pauvre. La faune sauvage se réduit aux lions, à la gazelle, mouflon, antilopes, quelques girafes, félins et chacals. On se demande ce que serait devenu le Sahara sans le dromadaire. Non seulement, cet animal permit aux hommes de s'y maintenir; mais il renforça leur rôle économique, permettant par l'intermédiaire de la caravane de transporter toutes sortes de marchandises du Soudan vers la Méditerranée, et par là de mettre les sahariens en contact avec d'autres hommes, d'autres cultures. C'est grâce au dromadaire que les explorateurs iront plus loin vers le Soudan, et sans les compagnies méharistes, les militaires français auraient mis deux fois plus de temps à faire la conquête de ce désert impitoyable. L'art rupestre camelin est quasi-identique au monde touareg actuel. On y voit des méharistes chevauchant sans selle, armés du javelot et du bouclier rond, du POignard- pendant de bras, de l'épée droite à pommeau et double tranchant, de la cravache de chameau en cuir souple; ce dernier objet apparaît comme un signe de noblesse et de pouvoir que l'on pourrait mettre en relation avec la qualité de méhariste, sachant que, comme pour le cheval, seuls les nobles et les puissants avaient les moyens d'acquérir ces précieux animaux. Ces méharistes se représentent la plupart du temps dans des scènes de chasse et surtout de bataille où des caravanes sont interceptées et font l'objet d'une véritable razzia.
Souvent, face aux parois rupestres, nous sommes demandés s'il était possible de détecter à quel moment les chameliers Sanhadja-Huwwâra, l'étape la plus récente du peuplement berbère au Sahara, celle dont les Touaregs sont les plus directement issus, fait son apparition. Comment les populations qui ont précédé l'arrivée des tribus Huwwaâra, venant du nord dans leur fuite des conquêtes musulmanes, ont- elles accueilli ces nouveaux venus ? Certes, elles parlaient la même langue qu'eux et possédaient la même culture, mais c'étaient aussi des étrangers avec lesquels il fallait partager des territoires et des pâturages déjà bien maigres.
Protoméditerranéens de la Préhistoire, Libyens et Garamantes de l'Antiquité, Berbères du Moyen Age, enfin, Imazighen actuels : telle est l'extraordinaire permanence de l'histoire du peuple berbère. Parmi eux, les Touaregs sont certainement ceux qui illustrent le mieux cette exceptionnelle longévité puisqu'on peut établir sans doute aucun, des liens directs avec un peuplement préhistorique remontant au VIle millénaire dont ils ont conservé de très nombreux traits socioculturels comme nous espérons l'avoir démontré dans nos ouvrages. Peu de peuples sur cette terre peuvent se prévaloir d'une ancienneté aussi importante.
 
Melting pot
L'historiographie continue d'appréhender les sociétés en termes de manque ou de retard et ceci dans tous les domaines : qu'il s'agisse d'économie, de culture, d'administration, ou de l'insertion des hommes dans une histoire non pas passive mais transformatrice. Le Proche orient, l'Occident antique et moderne restent les références à partir desquelles sont déterminés les écarts. L'Egypte, la Grèce ou Rome sont désignées comme les seules cultures, les seules lumières du monde, les autres régions ne reflétant que de façon affaiblie les lueurs qu'elles en reçoivent. Hélas, il semble que l'histoire ancienne des Berbères, que la Protohistoire de l' Afrique du Nord aient été écrites sur ce seul critère discriminant Sans compter le fait qu'elles furent souvent tributaires de modèles souvent induits de l'Europe.
Il est nécessaire aujourd'hui de faire une appréciation civilisationnelle objective des Paléoberbères sahariens, parents pauvres de la Méditerranée antique, victimes d'un dialogue nord-sud de l'écriture de I'histoire, de les considérer pour eux-mêmes et non pas systématiquement par rapport à des pouvoirs dominants et des civilisations plus brillantes. Certaines conceptions ainsi qu'une terminologie anciennes, et, surtout orientées, ne peuvent plus avoir cours, car elles sous-tendent une approche subjective de l'histoire des peuples des rives sud de la Méditerranée trop souvent sou~ évaluée par rapport à celle des rives nord. La diffusion civilisationnelle et civilisatrice systématiquement orientée du nord vers le sud, cette écriture victime d'un dialogue nord-sud historique et européo-centrique ne peuvent plus être admises. Le changement ne peut que s'inscrire dans une terminologie nouvelle, plus précise et plus juste, dans une réécriture exprimant les connaissances à travers des critères et des conceptions objectifs.

photographies : ©Catherine et Bernard Desjeux, journaliste, reporter photographe :http://bernard.desjeux.free.fr


Chronologie de dix années d'événements survenus dans les régions de l'Azawad (région Touarègue du Mali), l'Azawagh et l'air (Niger)

Auteur:[url=http://www.amazighworld.org/auteur.php?auteur=Malika Hachide] Malika Hachide[/url]

illisnmast

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 23:05

Les antiquités dans le Bani-Dra (Sud Marocain) d’après les gravures rupestres

La période des chasseurs

La période bovidienne

La période des chars

La période chevaline

La période libyco-amazighe

La période camelienne

Conclusion

Bibliographie

Les gravures rupestres sont une matière première très riche permet d’écrire l’histoire. Ces documents rupestres qui remontent à des milliers d’années sont des vestiges et des indices de l’existence humaine dans une telle région.

Quant à la région de Bani-Dra, en précis les territoires de la province de Tata (Sud marocain) occupés par la montagne de Bani et l’Oued Dra, contient environ 80 sites rupestres de grande importance. Nous citons comme exemple: Adrar Metgourine, Tircht, Tiggane, Ighir Ighnain, Melalg, Imaoun, Adroum, Tachoukalt....

Des sites visités et étudiés par des chercheurs étrangers depuis l’époque coloniale, tels que: O. du Puigaudeau et M. Senones, R. La Fanechere, H. Lhote, A. Rodrigue, A. Simoneau. Ce dernier a affirmé que avec le Haut Atlas « ... Draa Moyen et Yagour (Haut Atlas) méritent d’être étudier comparativement de point de vue de la néolithisation, car se sont les deux ensembles rupestres les plus importants au sud de Marrakech »(A Simoneau 1969, p 112)

Mais malgré tout ce qui a été édité, il est insuffisant pour savoir beaucoup sur le contenu de ce patrimoine national qui pourra porter plus de détails sur l’homme réalisateur comme artiste et comme narrateur qui avait décrit de sa façon son environnement et son mode de vie.

Pour savoir l’importance de ces gravures dans le domaine de l’écriture de l’histoire, nous allons faire un passage chronologique sur l’histoire de la région Bani-Dra d’après les analyses et les interprétations des contenus des gravures par nos chercheurs cités

L’histoire antique extrait des gravures est divisé chronologiquement en plusieurs périodes. Mais malgré ces efforts cette division pose parfois des problèmes surtout la séparation entre les unes et les autres en ce qui concerne sa datation approximative et ces caractéristiques.

La période des chasseurs

Les figurations rupestres appartenant à cette période sont presque dominées par la faune sauvage: éléphants, rhinocéros, girafes, autruches, antilopes... , Les bovins sont très rares.

Le chien quant à lui est présent au milieu des chasseurs pour la défense et pour la chasse à la poursuite des animaux sauvages. Les pièges et les flèches sont aussi des moyens de la chasse pour attaquer les proies. En plus nous voyons la présence de divers symboles en plusieurs formes: spirales, labyrinthes, cercles, serpentiformes... interprétés comme pièges surtout quand ils sont associés aux animaux, ou comme des symboles qui ont un aspect et un rôle religieux et spirituel.

Quant aux anthropomorphes, l’homme était présenté comme chasseur de la faune sauvage en les attaquant par les arcs, les flèches, les haches polis... A propos de l’habit de l’homme, constituait d’un étui phallique tenu par une ceinture qui supporte à l’arrière une queue d’animal, A.Simoneau a affirmé que « Les Egyptiens prédynastiques et leurs voisins de Libye se contentent d’un étui phallique, tenu par une ceinture qui supporte à l’arrière une queue d’animal: Ce costume de « sauvage » qui disparaît de la basse vallée du Nil au début de la monarchie pharaonique, persiste chez les Libyens pasteurs de la steppe désertique qui n’ont pas chargé de genre de vie » (A Simoneau 1969, p 102).

L’apparition de quelques figurations des bovins au milieu des chasseurs a été interprétée par A Simoneau que nous sommes dans un milieu des chasseurs-pasteurs où se mélange les deux cultures, c’est à dire que nous sommes dans un milieu de passage de la chasse à la pasteurisation et la domestication.

Pour la majorité la datation de cette période serait antérieure à 3000 avant J.C., car depuis cette date commença la période bovidienne c’est à dire le début du néolithique au Sud Marocain (A Simoneau 1969, p 114)

La période bovidienne

Au contraire de la période précédente où la faune sauvage est omniprésente, la période bovidienne avait connu une prédomination des figuration des bovins (vaches, bœufs, buffles...) présentés avec des détails, absent au milieu des chasseurs, tels que les mamelles pour les femelles le membres sexuels pour les mâles, des vaches à genoux (Tighzdarin à Assif n Tmanart), d’autres avec des pendeloques au col (Tachoukalt à Imougadir)... tous ces détails nous donnent le sens que l’homme à cette période avait commencé l’élevage des bovins c’est le passage à la domestication et la sédentarisation.

La représentation de plusieurs figurations dans une seule roche et « les décors serpentiformes sont peu réalistes et suggèrent peut être des serifications ou des ferrades d’appartenance à un troupeau » (A Rodrigue 1993, p 51), parfois ces bovidés « portent des pendeloques... Ces attributs ont parfois été interprétés comme amulettes, des clochettes ou plus simplement des fanons... les bœufs sont souvent en fait des taureaux, soit parce que le sexe est dûment représenté » (A Rodrigue 1993, p 51). Les traits qui traversent les corps sont aussi interprétés comme des cordes qui attachent des bagages c’est à dire ils sont utilisés comme moyen de transport.

Alors nous sommes dans un milieu de domestication où l’homme est très prés des animaux comme éleveur. Cette domestication a commencé dans un milieu sauvage avant l’apparition du « bœuf monté » c’est « Le bœuf rituel ». « Il semble donc que sur le Draa moyen, le bœuf se soit adapté à un milieu semi-sauvage...nous n’avons ni bœuf porteur, ni bœuf monté, ni char à bœufs... nous sommes donc au stade du bœuf rituel, entre le bœuf sauvage et le bœuf porteur ...Cette domestication originelle, mal assurée, provient de l’arrivée tardive de bovidés domestiqués sur le Draa... » (A Simoneau 1969, p 111) En revanche le bœuf monté (4 exemples à Adrar Metgourine Akka) représente une époque évoluée de la domestication où l’homme les a exploités comme moyen de transport avant l’apparition du cheval et du chameau. Ce bœuf monté est daté à Akka (Sud Marocain) de 2000 avant J.C, ce qui veut dire un retard par rapport à la datation de ce bœuf au Tassili n-Ajer (Sahara algérienne) qui remonte à 3500 avant J.C. De ce point la néolithisation au Sud marocain serait de 2500 avant J.C. par rapport encore avec le Tassili où elle remonte au à 4000 avant J.C. (A Simoneau 1975, p 164). Il est aussi évident que « les pasteurs des bovidés, d’origine saharienne, ont atteint le Sud marocain » (H Lhote 1964, p 241) Ce qui veut dire qu’il avait une relation permanente entre le Sud marocain et le Sahara central (Tassili).

De leur part O du Puigaudeau et M Senones le groupe bovidien se précise au cours du deuxième millénaire avant J.C (O du Puigaudeau & M Senones 1964, p Cool

Et c’est nous avons vu le chien comme un moyen de défense et de chasse, il était aussi à côté des bovins, «... l’un des animaux domestiques qui avaient un grand rôle dans la vie de la population du Sud marocain » (B Kaache 1995, p 40)

« La néolithisation du Sud marocain est donc tardive: la vague bovidienne du 3ème millénaire touche au monde encore mésolithique: l’élevage commence alors dans le Sud marocain, mais le pasteur se modèle sur le chasseur qui conserve ses caractéristiques essentielles » (A Simoneau 1969, p 114).

L’homme est apparu dans ce milieu couvert des peaux animales comme habit (exemple à Tamggert n tâyyalin Akka), parfois il a porté ce qu’on appelle la plume libyenne symbole de prestige chez imazighen (C.A.Julien 1969, p 60)

En fin, malgré la domination bovidienne sur les figurations, il y a une présence de quelques caractéristiques de la période précédente (rhinocéros, éléphants, autruches...), ce qui veut dire que l’homme n’avait pas tout à fait changé son mode de vie. D’ailleurs il faut signaler que « La région de Dra- Bani fut refuge pour les chasseurs sahariens, les chaînes atlasiques, la proximité atlantique ont longtemps maintenu dans les vallées de piémont une humidité suffisante pour la grande faune. » (A Simoneau 1976, p 30).

Mais avec la dégradation du climat vers la sécheresse, la majorité de ces animaux avaient quitté la région en gagnant d’autres plus humide telle que le Haut Atlas.

La période des chars

Pour H.Lhote cette période est indubitablement bovidienne tardive car les figurations des chars existent toujours dans un milieu bovidien (H.Lhote 1964, p242), ils ne sont jamais accompagnés d’homme ou d’animaux, ce qui pose un problème de connaître l’animal utilisé pour les tirer.

De son côté G.Camps a constaté que ces chars au Sud Marocain et même dans l’ensemble du Maghreb ne sont pas destinés ni au transport ni à la guerre, ils témoignent du prestige de quelques personnages ou d’un groupe particulier (G. Souville 1991, p780).

On suppose aussi qu’ils ne sont que des signalisations routières gravées par des voyageurs au passage afin de repérer leur route pour faciliter leur retour ou pour guider d’autres voyageurs (O du Puigaudeau & M Senones 1964, p 10).

Mais la découverte de huit chars gravés au site de Tircht (Assif n Tmanart) par O. du Puigaudeau et M.Senones « apporte un nouvel argument en faveur de la théorie de R.Mauny qui fait passer une de ses pistes de chars par l’Oued Tamanart ». (O du Puigaudeau & M Senones 1953, p1261).

Sachant que « ...R.Mauny a établi le tracé du parcours occidental de ces chars depuis Figuig (col du Zenaga), 142 jalonnent une route qui passe par Taouz, Foum El Hassan, le Zemmour, l’Adrar Tmar, le Tagant, le Dhar Tichit, Walata et aboutit au Mali, à Tondia prés de Goundam. Un embranchement reliait à l’Atlantique le carrefour de oued et de pistes de Foum El Hassan, par Douroudi, Timguilcht et Tafraout, sa tête de ligne est à Biougra... ». (O du Puigaudeau & M Senones 1964, p 10).

Mais G.Camps a critiqué fortement quelques cartes qui essaient de tracer des routes des chars surtout dans des régions montagneuses difficiles à traverser. (G. Camps 1980, p 65).

Par contre R.V.Valleverdu croit que les chars de Tata accompagnent le parcours occidental dirigeait vers les régions Subsahariennes au milieu du I millénaire avant J.C. (R.V. Valleverdu 1981, p 138).

« Les Ait Ou Mribet n’ont pas perdu tout souvenir des Carthaginois, qu’ils appellent Fniks, Phéniciens. Une de leurs traditions leur attribue la construction de l’Agadir au sommet de la montagne...c’est pourquoi, disent-ils on l’appelle encore Agadir n Fniks...Ces Carthaginois ayant remonté le Drâa dans leurs conges, venaient dans l’intérieur pour échanger ce que nous appellerions leur pacotille de traite -céramiques, verroteries, étoffes et parfums- contre des céréales, de l’huile, des peaux de bêtes sauvages et surtout l’ivoire des éléphants et les cornes de rhinocéros... » (O du Puigaudeau & M Senones 1964, p 6). On croyait aussi que ce parcours occidental était très important que le parcours oriental qui passait par Tassili. Il pourrait être le même parcours qui serait utilisé avec des chameaux avant l’arrivée des arabes au VII siècle après J.C.

La période chevaline

Les figurations du cheval sont très rares dans l’ensemble du Sud Marocain et au Bani-Dra en particulier (2 exemples à Tighzdarin), et elles ne sont pas de grande importance par rapport à celles du Sahara Central (Algérie), où les chevaux sont associés à des chars.

D’après G camps les chevaliens sont venus d’Egypte par la Libye en se dirigeant vers l’ouest par l’Atlas Saharien. cette apparition du cheval a eu lieu entre le II millénaire avant J.C. et les premiers siècles du I millénaire avant J.C. Ils ont dominé les bovidiens. Au début ils ont utilisé les chars comme conducteurs ensuite ils seraient des cavaliers. (G. Camps 1980, p 65).

De point de vue de O du Puigaudeau & M.Senones cette période est datée au Sud Marocain du I millénaire avant J.C. « ...Le cheval a fait son apparition avec les Hyksos et les peuples de la mer... ». (O du Puigaudeau & M Senones 1964, p Cool. Le même point de vue est chez A.Gaudio qui a daté la venue du cheval d’Egypte vers l’ouest d’environ 1200 avant J.C. (A. Gaudio 1992, p 5). De son côté S.Searight a daté le cheval monté dans l’ensemble du Maghreb du I millénaire avant J.C. (S. Searight 1993, p 69).

La période libyco-amazighe

Les spécialistes ont l’habitude de lier cette période à la précédente, car il est difficile de les séparer. .« ...Le groupe chevalin qui se fondra sans limites bien précises avec le groupe libyco-bérbère » (O du Puigaudeau & M Senones 1964, p Cool.

Cette période est caractérisée par les inscriptions au caractère amazighe Tifinagh, qui

« ...,Dans l’état actuel de nos connaissances,... ne peuvent pas être plus anciennes que 750 avant J.C. ». (S. Searight 1993, p 62). ces inscriptions nombreuses au Haut Atlas sont rares au Bani-Dra (2 exemples à Assif n Tmanart).

Dans cette période apparaît l’utilisation des armes métalliques qu’A.Rodrigue a trouvé 40 exemples gravés au Sud Marocain. (A. Rodrigue 1987-88, p 256).

Mais ce thème des armes métallique pose des problèmes surtout quand ils se trouvent associés à des animaux sauvages. « l’association rhinocéros-hache de métal pose ainsi un problème pour l’instant insoluble. La seule hypothèse satisfaisante serait de faire coïncider, à la fin des temps néolithiques, les pratiques tardives de chasse d’une faune relictuelle avec l’utilisation des premières armes de métal (cuivre?) ». (A. Rodrigue 1987-88, p 256).

Et ce qui complexe ce problème c’est que nous trouvons quelques types de haches au Bani-Dra insemblable à celles du Haut Atlas où nous connaissons qu’il a une grande relation avec l’Age du Bronze Ibérique. Le premier type à « tranchant en éventail » il est loin d’être en pierre. Par contre le deuxième type qui est des « armes coudées » est loin d’être en métal. Le troisième type « des armes piriformes » (A. Rodrigue 1994, p 28-29).semblables à celles trouvées sur la station de l’Age de Bronze du Haut Atlas daté de 4000 de notre ère. (A. Gaudio 1992, p5).

Tout ce que nous pouvons dire, c’est que « les centres métallurgiques du Haut Atlas... n’auraient pas été exclusivement tributaires des innovations technologiques venues d’Europe via l’Espagne ou du Moyen Orient, mais auraient été en contact avec des populations de pasteurs à armes métalliques d’origine transatlasique (saharien même?) ». (A. Rodrigue 1994, p 29-30).

Dans cette période l’homme est devenu cavalier armé des hallebardes, des poignards, des boucliers... Très évident au Haut Atlas par rapport au Bani-Dra où ils sont très rares.

Les très grandes mains l’une des caractéristiques dans les gravures de cette période (un seul exemple a Touzirt Assif n Tmanart) datée à la péninsule Ibérique d’entre le X et le VII siècle avant J.C. (S. Searight 1993, p 69).

La période camelienne

Avec les changements climatiques en Afrique du Nord qui avait permet au climat sec de se tendre sur une large partie de cette région, il est évident que les espèces des animaux allaient aussi changer et se remplaceraient par d’autres qui allaient s’adapter au nouveau climat. Alors dans ces circonstances était apparu le chameau. Cet animal est fait entrer en Egypte par les perses vers 500 avant J.C. ensuite il est tendu vers l’Afrique du Nord dés les derniers siècles avant J.C. pour qu’il soit réputé au minimum au début du IV siècle après J.C. (UNESCO 1983, p 78-564).

Les figurations de cet animal tout comme le cheval sont très rares dans les gravures de la région dont nous parlons, à l’exception de quelques exemples au site rupestre de Khaoui El Ktbane (Tata).

Conclusion

Pour conclure il faut signaler que les gravures rupestres ne sont pas les seuls vestiges préhistoriques de la région Bani-Dra. Elle contient aussi plusieurs sites des outillages rupestres de diverses époques de l’Age de la pierre qui témoignent l’existence de l’homme depuis des milliers d’années avant J.C. avant même l’apparition de l’art rupestre.

Je vais citer ici quelques découvertes : L’Acheuléen à Tasttift (R La Fanechere 1952 p 47-62) Le Levalloisien à Tissint (R La Fanechere 1954 p 111) et à Tircht (O du Puigaudeau & M Senones 1953, p 11), industrie Moustéro-Atérienne à Aouzergui et l’Atérien à Sidi Boulanouar( R La Fanechere 1954 p 47- 62/111). Et à Hassi Lahouira une industrie capsienne ( Puigaudeau & M Senones 1941, 167), des pièces du Paléolithique supérieur à Talghaycht Puigaudeau & M Senones 1953, p 11), des pièces microlithiques en silex à Icht et Tarchknoun Puigaudeau & M Senones 1953, p 11), des broyeurs de type néolithique et un tumulus tronconique à Tachoukalt (H Lhote 1964 p 236) et plusieurs morceaux de poterie à Metgourine de type néolithique (A Simoneau 1977 p 65)

Alors cette région mérite des études approfondies qui peuvent délivrer tous ses secrets cachés.

Bibliographie

- Camps (G) « Berbère aux marges de l’histoire » éditions Hespérides, Toulouse 1980.

- Fanechere (R La) « Recherche de préhistoire dans la région de Bani Drâa (Sud marocain) » B.S.P.M, série 5-6 (1952) & série 7-8 (1954) Casablanca.

- Gaudio (A) « Sahara: La région du Drâa à l’âge du Bronze » Journal Le Matin du Sahara et du Maghreb, Vendredi 18/09/1992.

- Julien (C.A) « L’histoire de l’Afrique du Nord » traduction arabe, 1969.

- Kaache (B) « Début de la domestication animale au Maroc: indices et reconnaissances et interrogations » mémoire de D.E.A Université de Provence(Aix-MarseilleI) 1995.

- Lhote (H) « Gravures rupestres de Tachoukent et de Tanzega (Sud marocain) » Libyca T II,1964.

- Puigaudeau (O du) & Senones (M) « Gravures rupestres de la montagne d’Icht (Sud marocain) » J.S.A, T11, 1941.

- Puigaudeau (O du) & Senones (M) « Gravures rupestres de la vallée moyenne du Drâa (Sud marocain) » J.S.A, T11 1941.

- Puigaudeau (O du) & Senones (M) « Gravures rupestres de l’Oued Tamanart(Sud marocain) » B.S.P.M, séries 5-6, Casablanca 1953.

- Puigaudeau (O du) & Senones (M) « Un musée d’art rupestre: Foum El Hassan et l’Oued Tamanart » Ministère de l’information Touristique et des Beaux Arts et Artistique, 1964.

- Rodrigue (A) « A propos de la gravure d’un rhinocéros dans le Sud marocain » C.L.P.P, séries 4-5, 1987-88.

- Rodrigue (A) « Documents rupestres de l’Adrar Metgourine (Maroc saharien) » S.E.R.P, les Eyzies, 1993.

- Rodrigue (A) « Les représentations des haches dans l’art rupestre du Maroc méridional » S.E.R.P. Les EYZIES bull. n°40 1994.

- Searight (S) « Gravures d’anthropomorphes du Haut Atlas marocain: Vêtements et parures » S.E.R.P. Les EYZIES, 1993.

- Simoneau (A) « Les chasseurs-pasteurs du Drâa moyen et les problèmes de la néolithisation dans le Sud marocain » R.G.M, n° 16, 1969.

- Simoneau (A) « Documents rupestres du Sud Marocain » Bulletino del Centro Camuno Distudio Preistorio, vol XII, 1975.

- Simoneau (A) « Les rhinocéros dans les gravures rupestres du Dra-Bani » Série de Antiquités Africaines, T10, 1976.

- Simoneau (A) « Catalogue des sites rupestres du Sud marocain » Ministère d’Etat chargée des affaires culturelles, Rabat 1977.

- Souville (G) « Essai d’interprétation des gravures rupestres du Haut Atlas marocain » Académie des inscriptions et Belles-Lettres, Paris 1991.

- UNESCO « L’Histoire générale de l’Afrique » Tome I, éd. Jeune Afrique, Paris 1983 (traduction arabe).

- Valleverdu (R V) « Nouvelles stations rupestres au sud de Djbel Bani( Anti Maroc) » Bull. de la société préhistorique de l’ARIEGE, tome 36, 1981.

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Yabiladi Re: Je suis Amazigh berbere voici mon histoire

Message par illisnmast le Dim 2 Aoû - 23:06

Pouvoir sans l'tat


Gabriel CAMPS
(Les berbères mémoire et identité)

Il n'y a pas un type de société berbère, mais parmi les nombreuses formes politiques que les Berbères connaissent ou ont connues au cours des siècles, la plus caractéristique, et la plus répandue chez les sédentaires, est une sorte de république villageoise; Le caractère rural de ces institutions politiques est indéniable.

La république villageoise en Kabylie

Dans le village le pouvoir de décision appartient à la Djemaa, assemblée du peuple où seuls, traditionnellement, les amghrars (anciens, chefs de famille) ont le droit de prendre la parole. Il s'agit donc d'une démocratie de principe, mais limitée dans les faits. Dans le village, deux ou trois familles emportent toujours la décision en contrôlant l'opinion grâce à un jeu subtil de relations, de pressions ou de références historiques. De plus, le maintien de liens puissants entre les membres de la famille élargie assure le regroupement des habitations par quartiers ou par hameaux qui conservent jalousement leur autonomie à l'intérieur de la communauté.

Le village kabyle, dont l'organisation est la mieux connue, n'est lui-même qu'une fraction de la tribu, généralement désignée par une filiation artificielle. On dit: les Aït Yenni, les Aït Iraten, les Aït Menguellet. La Djemaa siège dans un bâtiment collectif précédé d'une place, véritable agora en miniature où se rassemblent les hommes et même les adolescents. La réunion commence par la récitation de quelques sourates du Koran par le plus âgé des hommes influents ou par le Cheikh, représentant de la famille maraboutique qui s'est agrégée à chaque tribu kabyle. Traditionnellement, après cette sacralisation, se déroulent quelques morceaux de bravoure où la faconde et l'éloquence méditerranéennes se donnent libre cours. Progressivement les développements passent des généralités aux faits précis qui font l'objet du débat. Celui-ci peut durer fort longtemps. Le plus souvent la décision est obtenue soit par acquiescements individuels soit par acclamations plus ou moins spontanées.

Ces décisions s'étendent à la totalité de la vie communale. Cour de justice, la Djemaa prononçait les sentences, fixait les amendes pour chaque délit ou condamnait au bannissement, réglait les litiges entre voisins têtus ou héritiers querelleurs. Conseil municipal, la même assemblée fixait l'assiette des contributions dans les temps de soumission, décidait des travaux d'intérêt collectif, réduits au strict minimum. Cour souveraine, la Djemaa déterminait les relations avec l'extérieur, celles avec les villages appartenant à la même tribu, celles avec les «étrangers », c'est-à-dire les autres tribus kabyles, les Arabes, puis les conquérants turcs et français.

La Djemaa prenait également des décisions touchant à la vie quotidienne ou saisonnière; elle fixait la date du début des labours et celle de la moisson. Plus importante encore était la date de la récolte des figues; des exécrations épouvantables étaient édictées à l'encontre de ceux qui contreviendraient à cette décision. Il y a, dans cette proclamation solennelle, l'affirmation d'un pouvoir collectif encore mal dégagé de son caractère sacré primitif, mais nous y trouvons, en fait, les prémices de la démocratie.

L'ORGANISATION MUNICIPALE DE DOUGGA AU IIe SIECLE A V. J-C.

A un niveau supérieur se situent des organisations municipales plus développées, à la tête des rares villes africaines qui ne furent pas des créations de conquérants étrangers.

Le cas le plus intéressant, parce qu'il est le plus ancien, est celui de la puissante cité numide de Thugga (Dougga, Tunisie), l'une des principales villes du royaume de Massinissa. Plusieurs inscriptions bilingues, libyques et puniques, donnent une image assez précise du gouvernement municipal à l'époque du roi Micipsa. Il y avait un Conseil des citoyens, au nom de qui fut dédicacé le temple de Massinissa en 138 av. J-C. Le principal personnage de la cité est un roi annuel (aguellid en libyque, MMLKT en punique) qui porte le même titre que le souverain des Numides. Sa fonction est annuelle puisqu'il doline son nom à l'année, mais il peut être réélu. Viennent ensuite deux magistrats qui portent le titre de «Chef des Cent» (MUSN en libyque et RBT M’T en punique). Ces deux magistrats évoquent les suffètes de Carthage, mais la traduction punique s'oppose totalement à cette assimilation. J. Février les considère comme des présidents du Conseil, Sous les deux MUSN un autre magistrat porte le nom libyque de MSKU, fonction qui n'a certainement pas d'équivalent dans l'organisation municipale des villes phéniciennes puisque le texte punique ne fait que transcrire ce nom sans le traduire.

Aussi mystérieuses sont les fonctions de GZB et de GLDGMIL, dont les noms ne sont pas traduits en punique mais simplement transcrits. Pour le second, J. Février propose d'y voir la mention d'un chef des prêtres, c'est-à-dire du grand prêtre.

L'intérêt des inscriptions de Dougga est de révéler une organisation qui semble, donc, devoir peu aux Phéniciens. Les principales villes recevront cependant, sous les descendants de Massinissa, une administration calquée sur les institutions puniques ; nombreuses seront celles gouvernées par deux suffètes, encore à l’époque romaine. Mais certains d’entre elles, Maktar, Althiburos, Tuburnica et Thugga, auront encore sous la domination romaine trois suffètes. A Calama une inscription d’époque romaine cite en même temps deux suffètes et un princeps qui parait bien être l’équivalent du « roi » de Thugga.

On est sur que les villes avaient a leurs tête, en plus de magistrats, un conseil formé par les principaux chefs de famille ou même une assemblée du peuple qui détenait la souveraineté locale. Ces villes, qui ne sont pas toutes d’origine phénicienne, étaient jalouses de leur souveraineté ; sous les rois et encore pendant le premier siècle de domination romaine elles battaient monnaie. Le caractère municipal des monnaies et certaines cités comme Lixus et Tanger est précisé par la mention des « balim » (citoyens) qui en avaient ordonné la frappe.



Auteur: Gabriel CAMPS

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